D'abord une demande d'éviction, puis une offre d'achat
L’état du système de chauffage est à l’origine de cette demande de la commission scolaire. Les deux chaudières étant brisées, une clause du bail permettrait à la CSDM de résilier le bail et de procéder à l’éviction des locataires dans un délai aussi court qu’une vingtaine de jours.
Dans un document transmit par la CSDM, on peut lire : « Étant donné la situation financière précaire (…) et prenant en considération la sécurité des occupants, dans les circonstances, la CSDM était face à deux choix, soit d’injecter environ 400 000 $ pour le remplacement des chaudières ou d’évincer les locataires, et ce, dans les meilleurs délais avant l’arrivée du temps froid. »
Anne Thibault, coordonnatrice au Comité logement Petite-Patrie, organisme qui loge justement au 6839, rue Drolet, se souvient de la visite des représentants de la CSDM à la mi-octobre.
« On nous a rencontrés pour nous dire qu’on devait quitter au plus tard à la fin du même mois. On nous a dit que la réparation ou le changement du système de chauffage était trop dispendieux et que la CSDM ne payerait pas pour ça. On ne nous a pas parlé de possibilité de transfert, ni d’indemnité de départ. On n’a pas aimé cette manière d’agir, surtout que l’on paye, tous les organismes ensemble, 90 000 $ par année pour la location de l’endroit, un lieu qui est public, je tiens à le rappeler. »
Achat
Une autre possibilité existait pour les organismes présents à cette adresse: présenter une promesse d’achat formelle pour ledit immeuble et assurer le montant nécessaire (75 000 $) pour la mise en place d’une chaudière temporaire. Ce qui a été fait.
« La Caisse populaire DeLorimier-Villeray s’est engagée à payer pour la mise en place de la nouvelle chaufferie, ce qui nous permet de rester là. Pour l’offre d’achat, nous nous sommes regroupés en créant le Centre social et communautaire de la Petite-Patrie et allons d’abord procéder aux évaluations des bâtiments et du terrain, pour en connaitre l’état et voir s’il y a de la décontamination à faire. On a engagé un architecte, on fait affaire avec Bâtir son quartier pour notre montage financier et avec la CDEC (Corporation de développement économique communautaire) de Rosemont – La Petite-Patrie pour de l’aide additionnelle. On va maximiser nos liens en prévision de l’offre que l’on fera prochainement à la CSDM pour ce bâtiment », souligne Mme Thibault.
L’endroit à une valeur de 1 188 400 $, selon le rôle d’évaluation foncière 2011. La CSDM indique que la « promesse d’achat formelle pour ledit immeuble [doit être] d’un montant minimal de la valeur au rôle foncier 2013 » et doit être présenté au plus tard le 31 mai 2013.
Vente
En partant de ce cas précis, nous avons demandé à la commissaire scolaire de La Petite-Patrie, Dominique Cousineau, si la CSDM cherchait à vendre d’autres de ses immeubles excédentaires où œuvrent des organismes communautaires. « Chaque cas est différent. Pour le 6839, rue Drolet, oui, on veut vendre aux organismes qui l’occupent. Mais cela ne s’applique pas pour les autres immeubles excédentaires de la CSDM. C’est du cas par cas et on n’a pas fait de démarche en ce sens actuellement », dit-elle.
Le porte-parole de la CSDM, Alain Perron, explique pour sa part qu’il « n’y a pas d’approche formelle auprès d’organismes, mais [que] certains nous ont approchés sachant qu’on songeait à se départir de certains immeubles excédentaires, puisque l’argent n’est pas là pour les entretenir. »