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Les acteurs de l'économie locale inquiets

Maunay Stéphanie - TC Media
Onde de choc parmi les acteurs économiques de Rosemont–La Petite-Patrie. Ils ont appris récemment que la CDEC de l’arrondissement pourrait être abolie. Une raison à cela, la signature du pacte fiscal transitoire d’un an, réalisée mercredi, entre les villes de Montréal et Québec, et le gouvernement de Philippe Couillard. Ce pacte prive l’agglomération montréalaise de 75 M$. Le développement économique local est transféré à la Ville-centre et son budget sera amputé de 55 %.

« C’est très triste de voir que le gouvernement a finalisé cette entente, indique Jean-François Lalonde, directeur de la CDEC Rosemont–La Petite-Patrie. Abolir 120 CLD et CDEC au Québec, c’est sortir la société civile du développement régional. C’est un recul de 30 ans », estime-t-il.

Bilan positif à l’appui

Montréal compte 10 CDEC et 18 CLD.

Dans Rosemont–La Petite-Patrie, le mandat du centre local de développement a été confié à la CDEC, en 1998. Depuis, bon nombre d’entreprises ont été créées sur le territoire avec le soutien de la corporation rosemontoise.

« Si on considère seulement notre bilan 2013-2014, 86 emplois ont été créés et 138 consolidés dans l’arrondissement. 900 000 $ ont été injectés dans 39 entreprises, dont 19 en démarrage », atteste M. Lalonde.

Les entreprises accompagnées par la CDEC Rosemont–La Petite-Patrie ont un taux de survie de 75 %, cinq ans après leur création. Au Québec, ce taux atteint seulement les 34 %.

« Si la CDEC n’avait pas existé, il n’y aurait pas eu de cinéma Beaubien, de technopôle Angus ou encore de campus technologique de la santé », soutient M. Lalonde.

Un fait que confirme Mario Fortin, le Président-directeur-général du cinéma Beaubien.

« Ils ont été les premiers à nous faire confiance et à investir de l’argent au démarrage, il y a 13 ans. Ce n’est pas seulement une source de financement, c’est un accompagnement complet. Ils sont au courant de tous les programmes et de ce qui se passe sur le territoire », explique M. Fortin, qui siège également au conseil d’administration de la corporation.

La communauté fait front commun

Avant même l’annonce officielle d’une possible disparition, les appuis ont rapidement afflué.

Au dernier conseil d’arrondissement, les élus de Rosemont–La Petite-Patrie ont adopté une « motion en appui au maintien de l’intégrité des CDEC et CLD ».

Près de 300 personnes, comprenant des organismes communautaires, citoyens, entreprises, avaient signé, jusqu’à hier, une pétition demandant le maintien du mandat CLD au maire de Montréal (Lettre d’appui à la CDEC).

Lors de la signature du pacte fiscal à Québec, mercredi dernier, M. Coderre a indiqué que Montréal allait avoir sa « propre concertation ». Il a dit croire « foncièrement » au modèle des CLD et CDEC, mais a remis en question leur nombre. Les présidents des CDEC ont demandé à rencontrer rapidement le maire.

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