Rosemont
13:10 18 décembre 2014 | mise à jour le: 18 décembre 2014 à 13:27 temps de lecture: 3 minutes

Le «cas PKP» toujours en suspend

Le «cas PKP» toujours en suspend
Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

Le Centre d’études sur les médias (CEM) a refusé, jeudi, le mandat que lui avait confié le gouvernement Couillard d’analyser les questions soulevées par les liens qui existent entre le député péquiste Pierre Karl Péladeau et son rôle d’actionnaire de contrôle de Québecor.

La polémique régnait dans les rangs politiques depuis quelques jours entre le gouvernement libéral et le camp péquiste sur l’étude du «cas Péladeau». Le centre d’études vient d’y mettre un point final.

«Le CEM se voit, depuis quelques jours, entraîné dans une joute politique à laquelle il ne souhaite pas participer […]. Son conseil d’administration a décidé de ne pas accepter de mandat ni de l’Assemblée nationale ni du gouvernement», peut-on lire dans un communiqué transmis jeudi.

Le gouvernement Couillard souhaitait confier un «document d’analyse sur les effets de l’influence que pourrait avoir un propriétaire ou un actionnaire de contrôle d’un média ou d’un groupe de médias sur le débat politique et la vie démocratique et notamment si ce dernier est un élu de l’Assemblée nationale».

Le Parti québécois (PQ) avait refusé d’appuyer ce mandat, estimant qu’il visait précisément le député de Saint-Jérôme.

«Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il se réjouit, mais M. Péladeau prend acte de la décision du CEM, a indiqué son attaché politique, Marc-André de Blois. C’est ce que l’on avait demandé au PQ. Nous n’étions pas d’accord avec le fait que l’on vise un élu en particulier.»

PKP droit dans ses bottes
Interrogé il y a quelques jours par le Journal de Rosemont–La Petite-Patrie sur le sujet, M. Péladeau avait déclaré que sa position était toujours la même quant à son double rôle de député et d’actionnaire de contrôle de Québecor.

«Je pense avoir été très clair, j’ai dit que le cas échéant, si j’étais élu, bien que la loi ne m’y oblige pas, je mettrai les actions que je détiens en fiducie ou en mandat sans droit de regard. Mais malgré cela, je ne me fais pas trop d’illusion, je sais que mes adversaires vont systématiquement être en train de soulever cette question. C’est toujours comme ça. Si je fais quelque chose, mes adversaires sont contre, si je fais l’inverse, ils vont être contre également», plaide le député, candidat à la direction du PQ.

Le CEM rappelle de son indépendance
Le centre d’études en a profité pour réaffirmer qu’il n’était subordonné à aucun parti politique.

«Le CEM mène des recherches indépendantes […]. Il n’est pas un organisme d’opinion, mais il met au service de tous, public et décideurs, les résultats de ses recherches pour éclairer des débats de société», mentionnent ses responsables.

Le centre d’études se dit intéressé «depuis de nombreuses années», par la question de la «concentration de la presse et de ses effets sur la vie démocratique» et mènera, en 2015, un projet de recherche «dont il définira les paramètres [qui devront] correspondre à l’intérêt public» et qui sera financé avec ses fonds propres.