Bruit des avions: la demande de recours collectif suit son cours
Une première rencontre concernant la demande de recours collectif déposée par les Pollués de Montréal Trudeau contre des organismes chargés de régulariser le transport aérien au Canada est prévue le mois prochain.
Ce regroupement citoyen se plaint depuis plusieurs années du bruit généré par le nombre important d’avions qui survolent certains quartiers de Montréal. La demande de recours collectif vise Aéroports de Montréal, Nav Canada et le ministère fédéral des Transports.
Les Pollués de Montréal Trudeau ont déposé une demande de recours collectif le 23 septembre 2016 qui concerne les résidents des quartiers de Montréal situés sous les couloirs aériens des aéronefs qui décollent de l’aéroport Montréal Trudeau et qui y atterrissent.
«On veut que ce soit la justice qui détermine les conditions dans lesquelles les avions peuvent survoler les zones habitées de Montréal ainsi que les heures des décollages et d’atterrissage», souligne Me Gérard Samet, du cabinet Colas Moreira Kazandjian Zikovsky et qui représente les pollués.
C’est sur cette base que les plaignants pourront demander des dommages punitifs et des dédommagements pour les préjudices subis, qu’ils soient liés à la santé ou aux pertes financières.
«Cela pourrait être des frais liés à des soins médicaux ou à l’isolation des demeures, par exemple», évoque l’avocat. Me Samet a toutefois indiqué qu’il est trop tôt pour en parler.
L’action des Pollués devant les tribunaux intervient après leur campagne d’installation de 10 stations de mesure un peu partout dans le nord de Montréal pour prouver à l’opinion publique que leurs doléances sont réalistes.
Selon les données qu’ils ont enregistrées, on observe des niveaux sonores dépassant les 85 décibels. Or, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe à 55 décibels le seuil critique néfaste pour l’être humain. Ces chiffres ont toujours été contestés par Aéroports de Montréal qui se réfère à ses propres calculs.
Les Pollués avaient fait appel aux conseils du Docteur Pierre Duquette, chercheur et neurologue, ancien résident d’Ahuntsic, qui a avoué avoir déménagé pour fuir le bruit des avions. Il a comparé le problème aux effets d’une maladie chronique qui a des incidences sur la pression sanguine et sur la qualité du sommeil.
Environ 600 appareils de différents types atterrissent et décollent chaque jour de l’aéroport Montréal Trudeau.