Saint-Laurent

25 ans de clavecin

25 ans de clavecin
Photo: Nouvelles Saint-Laurent News – Denis GermainLe Laurentien Luc Beauséjour souhaite assurer la pérennité de Clavecin en concert et de la relève, même s'il n'a pas l'intention d'arrêter de jouer.

Né d’un besoin de partager une passion, Clavecin en concert fête son quart de siècle à Saint-Laurent. Le claveciniste et organiste Luc Beauséjour est derrière l’organisme qui propose un programme de concerts, en plus de mener sa carrière de soliste et d’enseigner. Un concert bénéfice soulignera cet anniversaire.

Luc Beauséjour se souvient, qu’alors qu’il répétait dans son studio et voyait quelques chaises vides, que c’était dommage qu’il n’y ait pas de public. «Nous avons besoin de partager quand on aime, il ne faut pas être seul à s’approprier le trésor», souligne le musicien.

Il enseignant alors à l’école secondaire Pierre-Laporte, qui offre un programme de musique à Mont-Royal, et un parent d’élève a embarqué dans la fondation de Clavecin en concert. Gisèle Pelletier est d’ailleurs toujours responsable de la billetterie et adjointe administrative.

Depuis, les subventions ont suivi, notamment celles des conseils des arts fédéral, provincial et municipal, et ont permis à l’organisme de s’établir. Les revenus issus de la philanthropie, de la billetterie et de la vente de disques complètent le fonctionnement. Chaque année, un concert bénéfice suivi d’un cocktail est organisé. Celui du 17 avril permettra d’entendre Jean-Philippe Sylvestre et Luc Beauséjour dans un programme où deux pianos Érard datant du milieu du XIXe siècle seront utilisés pour des œuvres de Couperin, Ravel, Franck et Bach.

Le fondateur de Clavecin en concert assure que plusieurs bons coups dans le domaine de la musique ancienne ont marqué ces 25 années.

«Nous avons reçu de grands clavecinistes internationaux ainsi que des chanteurs, qui venaient pour la première fois au Québec, comme le contre-ténor français Philippe Jaroussky, le claveciniste italien Rinaldo Alessandrini et le chef d’orchestre français Hervé Niquet», indique M. Beauséjour.

Un opéra baroque, avec mise en scène et costumes, est également programmé chaque année. Après Les plaisirs de Versailles et Actéon cette saison, La descente d’Orphée aux enfers sera proposée. Les deux ont été composés par le Français Marc-Antoine Charpentier.

Le clavecin, un instrument de musique à cordes pincées et à clavier, ressemble à un piano, mais se distingue de ce dernier qui est à cordes frappées. Son origine remonte au Moyen Âge, mais il est très populaire au XVIIe et XVIIIe siècles, d’où son lien avec la musique ancienne.

Selon M. Beauséjour, son exécution demande de la précision, du fait du clavier léger et de l’absence de pédales. «Si l’on veut donner l’illusion de nuances sur un clavecin, il faut travailler fort», conclut-il.

Carrière
Installé à Saint-Laurent depuis une quinzaine d’années, M. Beauséjour a mené sa carrière de soliste en Amérique et en Europe. Il a notamment reçu huit Prix Opus du Conseil québécois de la musique qui l’a aussi consacré «Interprète de l’année 2003» ainsi que deux trophées Félix au Gala de l’ADISQ.

L’homme de 61 ans originaire de Lanaudière a d’abord découvert le piano grâce aux disques de grands classiques donnés par sa grand-mère. Il prend alors des cours au couvent des Sœurs de Sainte-Anne. Avec le recul, il les qualifie aujourd’hui de «professeures hors pair».

Au cours de camps d’été, il découvre le clavecin. «J’enregistrais avec mon magnétophone et avais hâte au camp suivant», se rappelle-t-il. M. Beauséjour entre ensuite au Conservatoire de musique de Montréal, même s’il pensait que ce n’était pas pour lui, «pour les gens de Rawdon». Il y étudie le clavecin et l’orgue avant de poursuivre sa formation en Europe.

Désormais, il enseigne au conservatoire, au cégep de Saint-Laurent ainsi qu’à l’Université de Montréal, où il a obtenu un doctorat en interprétation.

Avec déjà 35 projets de disques à son actif, M. Beauséjour prépare pour l’an prochain un album autour du thème des oiseaux. Des œuvres de compositeurs français inspirés du chant de ces animaux seront compilées.

Le concert bénéfice «Deux Érard, c’est rare!» aura lieu le mercredi 17 avril, à 19 h 30, à la Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal. Pour plus d’infos : clavecinenconcert.com et 514 748-8625.