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Corinne Gros: une carrière à soutenir les femmes vulnérables

Corrine Gros
Durant les nombreux ateliers qu’elles offrent, l’équipe du Centre porte une oreille attentive aux femmes dans le besoin. Photo: Nouvelles Saint-Laurent News – Laurent Lavoie

Forte d’une carrière de 19 ans comme organisatrice communautaire au Centre des femmes de Saint-Laurent, l’intervenante Corinne Gros, avec l’aide de son équipe, tente jour après jour d’être à l’écoute des femmes et de briser leur isolement. 

Corinne Gros dit avoir un fort attachement à l’arrondissement laurentien. Mais elle n’y est pas résidente, et par choix. 

«J’ai besoin de respirer, explique la quinquagénaire, rencontrée dans le bureau de l’organisme sur le boulevard Décarie. Si je veux être efficace ici, j’ai besoin d’avoir l’esprit aéré.» 

Mme Gros avait obtenu un stage au centre de Saint-Laurent pour compléter son baccalauréat en travail social à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), en 2000. 

Son arrivée dans le domaine s’est réalisée dans une montée du mouvement féministe au Québec. Le 8 mars cette année-là marquait la première Marche mondiale des femmes pour lutter contre la pauvreté et la violence faite aux femmes.

«Ça me parlait énormément, parce que je suis très contestataire et ça fait aussi partie un peu de ma culture d’aller dans la rue quand ça ne va pas», souligne-t-elle. 

C’est le vécu des victimes et survivantes ainsi que le surpassement de leurs difficultés qui l’ont convaincue de poursuivre dans ce domaine. 

À ses débuts comme intervenante, la Montréalaise d’origine française a dû s’ajuster à la charge émotionnelle qu’impliquait d’aider des femmes en détresse.

«Je prenais tout à cœur, raconte Mme Gros. Plus que tu fais de l’écoute, plus que tu apprends à trouver un bien-être dans tout ce qu’on te partage.»

Le support de son équipe lui a également permis d’adapter son approche.

Mme Gros est également aujourd’hui responsable du programme de soutien à l’action citoyenne en sécurité urbaine à Saint-Laurent.

Témoignage

Julie*, victime de violences sexuelles de l’enfance à l’adolescence, est l’une des femmes à avoir obtenu l’aide de Mme Gros, qui a vécu une expérience semblable. 

«Je me suis tout de suite sentie à l’aise avec elle, dit Julie. Quand j’ai vécu des périodes difficiles, je l’appelais et je venais [au centre].» 

Avant d’assister à des ateliers du Centre des femmes de Saint-Laurent, Julie a surmonté son traumatisme avec l’aide de nombreux organismes comme les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS)

Mais il restait une autre étape à franchir. 

«Ça a été de reconnecter avec le fait que je suis femme, que j’ai une place parmi les autres et puis de reconstruire mon estime personnelle», raconte Julie. 

Entraide

Nombreux sont les ateliers aujourd’hui offerts par le Centre, qui a ouvert ses portes en 1983.

L’organisme y offre chaque semaine des séances de yoga-méditation, des ateliers sur l’estime et l’affirmation de soi. Un projet de préemployabilité accompagne les femmes dans leur retour sur le marché du travail.

La popularité du Centre des femmes à Saint-Laurent continue de prendre de l’ampleur. 

De l’année 2016-2017 – montée du mouvement #moiaussi – à 2018-2019, le nombre d’appels téléphoniques d’aide à l’organisme a bondi de 10%, passant de 1015 à 1125.

«Nous avons affaire à des femmes de plus en plus vulnérables, fait savoir Mme Gros. On reçoit beaucoup de femmes réfugiées, demandeuses d’asile avec un bagage très, très dur.» 

Le 25 novembre a lieu la Journée internationale de l’élimination de la violence faite à l’égard des femmes dans le monde. 

*Le nom de l’intervenante a été changé pour crainte de représailles.

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