Dans la foulée de la Commission Charbonneau, comment votre parti et vous voyez la lutte à la corruption?
Maxime Bellerose Option nationale
La corruption est vraiment au cœur de cette élection, et devrait toujours être une priorité de la combattre pour tous les gouvernements. Option nationale propose d’abolir le financement privé des partis politiques, qui est à la base de trop d’allégations de corruption. Nous instaurerions un financement 100% public des partis, pour éviter que les dons aux partis soient faits en espérant un retour d’ascenseur. Il pourrait y avoir un minimum, un maximum et être selon les votes lors des dernières élections.
Nous mettrons également en place une commission d’enquête publique qui couvrira l’octroi de contrats et de subventions dans le secteur public, les pratiques dans le milieu de la construction, le milieu des technologies de l’information, de même que le financement des partis politiques. S’il y a autant d’allégations de corruption au Québec, c’est qu’il y a des portes qui sont ouvertes pour cela. Nous voulons nous assurer de les refermer. Il faut aussi revoir le modèle d’appel d’offres qui occasionne beaucoup de problèmes dans le système public. Je suis moi-même en approvisionnement public et je sais que nous pouvons travailler sur ce système. Plusieurs autres modèles d’appels d’offres sont en vigueur dans le monde, et nous pourrions nous en inspirer pour avoir un modèle qui sera approprié aux organismes publics et toute la population en bénéficiera.
Roger Gagnon Parti québécois
Le Parti québécois place l’intégrité et la transparence au cœur de ses engagements. La preuve est que nous réclamons depuis 2009 une commission d’enquête publique et indépendante sur les pratiques de corruption et de collusion, notamment dans l’industrie de la construction et sur le financement des partis politiques. Qu’a fait Jean Charest devant l’accumulation de révélations embarrassantes pour son gouvernement? Il a résisté pendant 2 ans et demi à mettre sur pied la commission d’enquête réclamée par une opinion publique presque unanime.
Pour moi, le Parti libéral n’a pas la crédibilité nécessaire pour agir dans l’important dossier de la lutte à la corruption. Comme plusieurs, je considère que Jean Charest fait partie du problème et non de la solution et qu’il est responsable de la perte de confiance des citoyens en leurs institutions politiques.
Comme député du Parti québécois dans Saint-Laurent, je m’engage à appuyer toutes les mesures susceptibles de rétablir la relation de confiance entre l’État et les citoyens. En attendant les recommandations de la Commission Charbonneau, j’entends, tout comme mon parti, proposer de limiter le don annuel maximal à un parti politique à 100 dollars, sans crédit d’impôt. En limitant le montant des dons, nous pouvons éliminer le pouvoir qu’ont les collecteurs de fonds, provenant notamment du milieu de la construction, sur les gouvernements. J’entends également, tout comme mon parti, instaurer des élections générales à date fixe et élargir le mandat du Vérificateur général du Québec aux sociétés d’État.
George Manolikakis Coalition avenir Québec
La Coalition Avenir Québec estime qu’une cause profonde du désengagement des Québécois envers la politique est liée au manque d’imputabilité, de transparence et, dans certains cas, d’éthique, qui caractérise trop souvent la gestion des fonds publics au Québec. « Un gouvernement responsable doit savoir baliser son action par une série de règles qui en garantissent l’intégrité. Or ce principe général a été mis à mal au Québec », énoncer George Manolikakis, candidat de la CAQ dans Saint-Laurent.
Ce membre de l’Équipe François Legault croit qu’un grand ménage s’impose : « Pour l’effectuer et mettre en place les conditions du retour à la confiance, la Coalition entend faire du respect de l’intégrité de la vie publique une valeur primordiale du gouvernement et de l’ensemble de l’administration publique, de qui les citoyens attendent une rigueur, une transparence et une honnêteté irréprochables. »
Un gouvernement de la Coalition donnera également suite aux éventuelles recommandations de la Commission Charbonneau et le Vice-premier ministre Duchesneau aura, la responsabilité explicite de rétablir l’intégrité au sein de l’appareil public. « Nul doute que n’ayant jamais eu les mains liées, un nouveau parti comme la Coalition Avenir Québec, est le parti le mieux placé pour faire le ménage tant espéré par les contribuables », de conclure le candidat dans Saint-Laurent, George Manolikakis.
Marie josèphe Pigeon Québec solidaire
DEBOUT pour la transparence et l’intégrité
Le 26 mai 2010, Amir Khadir de Québec solidaire et plusieurs autres réclamaient la tenue d’une commission d’enquête sur les contrats et subventions octroyés par l’État ainsi que sur le financement de tous les partis politiques (incluant le niveau municipal). Personne du parti Libéral n’a appuyé cette motion. Une recherche de Québec solidaire concernant les fameuses enveloppes brunes a été déposée à la SQ à l’époque de la partielle de Saint-Laurent (13 septembre 2010). Deux ans plus tard la population québécoise aura enfin sa commission d’enquête !
En mai dernier, Québec solidaire publiait un rapport dénonçant le financement sectoriel des partis politiques qui consiste à recevoir de l’argent de dirigeant-e-s et d’employé-e-s qui servent de prête-noms à une entreprise. Le 31 juillet, Québec solidaire a également lancé un appel à tous les partis politiques pour la mise en place rapide de mesures concrètes visant à éradiquer le financement politique occulte. Cet appel est resté sans réponse.
Afin de lutter contre la corruption, nous proposons d’abaisser le plafond des dons individuels, d’augmenter la contribution publique au financement des partis et d’abaisser le plafond des dépenses électorales. Nous voulons aussi exiger plus d’information sur les donateurs et donatrices, notamment l’identité de l’employeur-e, et fournir davantage de ressources au Directeur général des élections pour qu’il soit en mesure d’effectuer un véritable travail de vérification, d’inspection et de recherche. Enfin, les sanctions doivent être plus sévères pour ceux et celles qui contreviennent à la loi.
Jean-Marc Fournier Parti libéral du Québec
La lutte à la corruption doit être une lutte permanente. La corruption existait au Québec bien avant 2003.
Le rapport de la Commission Moisan nous a appris que le gouvernement du PQ de monsieur Legault et de madame Marois reliait l’octroi de contrats publics aux contributions politiques en leur faveur. Le rapport Moisan concluait : « Le parti connaissait cette situation et fermait les yeux ».
Monsieur Legault et madame Marois n’ont rien fait. De notre côté, nous avons multiplié les initiatives pour lutter contre la corruption. Nous avons créé la Commission Charbonneau. Comme ministre de la Justice, j’ai fait adopter une loi qui donne plus de pouvoirs à la Commission Charbonneau pour faire son travail d’enquête ; des pouvoirs d’inspection et de perquisition.
Nous avons créé Marteau puis l’Unité permanente anticorruption. Nous avons resserré les règles d’attribution de contrats pour lutter contre le trucage des soumissions. Avec la loi 33, nous nous sommes attaqués à la problématique liée au placement syndical.
Comme ministre, j’ai moi-même procédé à la plus grande réforme du financement des partis politiques depuis 1978. Nous avons adopté notamment une loi anti-prête noms concernant les contributions électorales et une loi augmentant les pouvoirs du Directeur général des élections.
Avec tous les moyens que nous avons mis de l’avant et avec tous les efforts que nous avons déployés, personne ne peut nous accuser de n’avoir rien fait. Nous continuerons notre lutte en y consacrant les meilleures ressources au soutien des règles et lois qui y sont nécessaires.