Soutenez

Le CLSC accusé d’avoir négligé un patient diabétique

Photo: Stéphanie Alcaraz-Robinson / TC Media

Le CSSS Bordeaux-Cartierville – Saint-Laurent enquête présentement sur une négligence qui aurait pu avoir de graves conséquences sur la santé d’un résident de Saint-Laurent atteint de diabète de type 2.

Après avoir fixé un rendez-vous pour un prélèvement sanguin à domicile avec le CLSC de Saint-Laurent, l’homme a été laissé à jeun pendant plusieurs heures. L’infirmière assignée ne s’est jamais présentée à sa résidence.

Le 5 janvier, monsieur V. a appelé au CLSC de Saint-Laurent où on lui a confirmé qu’une infirmière passerait à son domicile avant 9 h le lendemain matin, afin de lui faire une prise de sang.

L’homme était considéré comme un client prioritaire, à cause des risques d’hypoglycémie reliée à sa maladie. Il ne pouvait se rendre lui-même au CLSC puisqu’il se déplace en fauteuil roulant.

Aucune nouvelle
À 9 h 15, comme personne ne se présentait, Monsieur V. a joint le CLSC de nouveau. «On m’a dit que l’infirmière avait des retards à cause de la tempête de verglas. Je demeurais toutefois en priorité, et on m’a demandé de rester à jeun, puisque l’infirmière serait chez moi avant midi.»

Le CLSC est situé à 2,4 km de chez lui, soit moins de six minutes en voiture.

Pourtant, à l’heure prévue, l’homme n’avait toujours aucune nouvelle. Après avoir tenté de repousser la faim le plus longtemps possible, il se sent faible, et se décide à manger vers 14h.

«Finalement, la journée s’est terminée et personne n’est venu chez moi, contrairement à ce qui m’a été promis. De plus, je n’ai reçu aucun avis de la part du CLSC pour m’avertir que ma prise de sang n’aurait pas lieu.»

Dès le lendemain, il envoie une plainte écrite à l’établissement.

«Après cette expérience, je ne compte plus avoir recours au CLSC. J’espère seulement que ce type de situation ne se reproduira plus pour les autres patients.»

Un jeûne risqué
Le jeûne, dans le diabète de type 2, peut avoir de graves conséquences lorsqu’il est jumelé avec certains médicaments, selon Rémi Rabasa-Lhoret, endocrinologue et professeur agrégé au Département de nutrition de l’Université de Montréal.

« La raison pour laquelle les CLSC priorisent les diabétiques, c’est parce qu’avec certains traitements, le simple fait de sauter un repas expose aux risques d’hypoglycémie, c’est-à-dire que le taux de sucre sanguin diminue considérablement.»

Au premier stade, le plus commun, l’hypoglycémie se traduit par des faiblesses, soit la faim, la sueur ou des flous visuels.

«À un stade plus avancé, elle peut mener à une incapacité de concentration et à des comportements anormaux. Puis, ça peut même aller jusqu’au coma ou aux convulsions, et, dans des cas très rares, bien que documentés, au décès,» explique Dr. Rabasa-Lhoret.

Une situation hors du commun
Katline Primard, chef de programme au soutien à domicile au CSSS Bordeaux-Cartierville – Saint-Laurent s’est dite préoccupée de la situation.

«Au niveau de nos prises de sang, habituellement, les clients qui sont à jeun sont vus avant 10 h, en particulier la clientèle diabétique. Je compte faire une analyse des événements. Une telle négligence ne fait absolument pas partie de nos procédures habituelles,» a-t-elle affirmé.

Entre 1000 et 1400 prélèvements sanguins sont effectuées chaque mois par le CSSS. Mme Primard affirme qu’elle n’a jamais été confrontée à une situation comme celle de Monsieur V.

Mme Primard a reçu la plainte du patient le 14 janvier. Au moment d’écrire ces lignes, elle n’avait donc pas encore entrepris de procédures.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.