Saint-Léonard

Opération séduction en services ambulanciers

Opération séduction en services ambulanciers
Photo: Josie Desmarais

Urgences-Santé a commencé une importante campagne de recrutement afin de combler un manque de paramédics. Environ 650 recrues seraient nécessaires d’ici 2022, selon les estimations de l’organisation, dont les bureaux sont situés à Saint-Léonard.

Pause-repas sautées, heures supplémentaires obligatoires, appels constants, les effets de cette pénurie de mains d’œuvre se font particulièrement ressentir pour les paramédics.

« C’est certain que la pression est grande pour eux, Ils doivent absorber le travail dû à ce manque de personne, et le volume d’appels augmente constamment. » – Benoit Garneau, porte-parole d’Urgences-Santé

L’hiver rigoureux a été particulièrement difficile pour les membres. « Les facteurs climatiques sont toujours un défi de taille, souligne M. Garneau. Que ce soit en période de canicule, comme l’été passé, ou en hiver avec les accumulations de glace, on peut avoir une augmentation de 20 à 30 % du volume d’appels. »

C’est dans ces conditions qu’a actuellement lieu la campagne de recrutement de l’organisme, afin de pallier son manque d’effectif. « On promeut la profession partout où on peut le faire et je crois qu’on a aussi beaucoup de choses pour attirer les diplômés, pense M. Garneau. On offre la possibilité de travailler dans différentes branches et de relever des défis variés. Je crois que ça rend le travail plus valorisant. »

Un programme trop contingenté
Le nombre d’étudiants admis dans les programmes collégiaux est toutefois insuffisant pour répondre à la demande, estime M. Garneau. « On souhaiterait qu’il y ait davantage de personnes qui soient prises pour suivre la formation. Il y a aussi d’autres entreprises ambulancières au Québec, on ne peut pas recruter tous les diplômés.

Le président du syndicat du préhospitalier de Montréal et Laval, David Blackburn, remet toutefois ce manque de personnel en perspective. « La pénurie d’employés n’est pas seulement à Montréal, rappelle-t-il. Elle est à l’échelle du Québec. Toutes les compagnies de paramédics sont en manque. C’est la même chose partout. »

Selon lui, le problème n’est pas tant dans le nombre d’admis au cégep, que dans leur taux de diplomation, qui est beaucoup trop faible selon lui. « Il y a de super bons étudiants, qui sont efficaces lors des stages, mais qui ne réussissent pas parce qu’ils ne sont pas capables de faire l’examen final, le PNIC », explique M. Blackburn. Il souligne d’ailleurs l’initiative d’Urgence Santé, qui offre un encadrement à l’épreuve ministériel aux étudiants ayant accepté sa promesse d’embauche, favorisant ainsi leur réussite.

« C’est comme un cercle vicieux, donne en analogie M. Blackburn. La main d’œuvre n’est pas assez nombreuse, ce qui rend le travail moins attrayant. Il faut vraiment que les employeurs fassent un travail de séduction. Une fois qu’on aura engagé suffisamment de personnes, on pourra diminuer la charge de travail, et les bons côtés du métier ressortiront davantage. »