Saint-Léonard

Plus de logements sociaux, réclament des organismes communautaires

Plus de logements sociaux, réclament des organismes communautaires
Sylvie Dalpé d’Action Dignité Saint-Léonard, Émile E. Joly du FRAPPU et Olga Cherezova de l’ACEF de l’est. (Photo : Félix Lacerte-Gauthier)

Près de 30% des ménages locataires de Saint-Léonard vivrait dans la précarité, selon des données dévoilées par Action Dignité Saint-Léonard et le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPPU). Ceux-ci soulignent par le fait même les difficultés d’accès au logement touchant les personnes à faible revenu.

Selon des données que les organismes ont obtenues auprès de Statistique Canada, sur les 20 045 ménages locataires que comptent Saint-Léonard, 6 015 doivent allouer au moins 30% de leur revenu à leur loyer. « On appelle cela le taux d’effort, vulgarise l’intervenante du FRAPPU Émilie E. Joly. C’est un barème utilisé par le gouvernement. Quand un ménage doit consacrer une si grande proportion de ses revenus à son loyer, cela à une incidence sur sa capacité à payer ses autres dépenses, telles que l’alimentation ou le transport. » Des chiffres qui restent toutefois sous la moyenne montréalaise, alors que la situation affecte 36,5% des ménages de la ville.

La coordonnatrice d’Action dignité de Saint-Léonard Sylvie Dalpé rappelle pour sa part que l’arrondissement de Saint-Léonard ne compte que 407 logements sociaux, répartis à travers deux HLM et deux coopératives d’habitations. « Le portrait de Saint-Léonard a pourtant beaucoup changé, soutient-elle. Il y a beaucoup de nouveaux arrivants et de personnes qui ont un faible revenu. On y retrouve beaucoup de pauvretés, mais c’est l’arrondissement où il y a le moins de logements sociaux. »

Elle dénonce par le fait même la discrimination dont sont victimes les ménages ayant des enfants, alors qu’ils ont souvent plus de difficultés à obtenir des appartements de grande taille. Selon les chiffres obtenus par le FRAPPU, près de 16% des ménages de Saint-Léonard habiteraient un foyer dont le nombre de chambres à coucher serait insuffisant pour le nombre de personnes qui y résident. « Certains propriétaires préfèrent laisser leur logement inoccupé que de le louer à des familles », affirme Mme Dalpé.

Pour les trois intervenantes, le salut passe par la construction de logements sociaux, qui permettraient aux personnes y résidant de consacrer une partie moins importante de leur salaire à leur loyer. « Le logement est à la fois un déterminant de la pauvreté, ou un facteur pour la combattre, selon le pourcentage d’argent qui y est consacré », résume Mme Dalpé.