Saint-Léonard

PPU pour la rue Jean-Talon : Dernière étape avant le sprint final

PPU pour la rue Jean-Talon : Dernière étape avant le sprint final
Photo: Félix Lacerte-GauthierLe dévoilement a eu lieu au cours d’une soirée de consultation, qui a permis aux résidents de l’arrondissement d’écouter la présentation de la firme Provencher-Roy et de poser des questions, ou d’exprimer leurs inquiétudes.

La firme d’architecte Provencher-Roy a dévoilé la première ébauche d’un plan visant à revitaliser la  rue Jean-Talon. L’objectif est de permettre aux citoyens de se réapproprier l’espace.

On note dans le document 4 grandes orientations à donner à la rue. Divers objectifs sont ensuite suggérés pour y arriver.  Un total de 34 actions permet de mieux comprendre les stratégies que compte adopter l’arrondissement pour y arriver et identifie les acteurs qui devront être impliqués pour en assurer le succès.

Parmi les mesures proposées à court terme, la création de normes pour l’affichage sur la rue, de revoir la configuration de certaines intersections névralgiques, et de revoir la gestion des stationnements peuvent retenir l’attention.

Pour en faciliter la clarté, les actions sont réparties entre 3 échéanciers : à faire dans un horizon d’une ou deux années ; de trois à six ans ; ou de sept à dix ans. Le début prochain des travaux pour le prolongement de la ligne bleue, nécessitant d’arrimer les mesures au début ou à la fin des travaux, selon les cas, explique cette répartition.

De même, la rue Jean-Talon est également séparée en trois tronçons afin de mieux en distinguer ses différents secteurs. Les boulevards Viau et Lacordaire servent de démarcations.

« Pour l’instant il y a encore plusieurs inconnus avec la venue prochaine du métro, admet le conseiller de ville, Dominic Perri. À court terme, ça sera possiblement problématique parce qu’il y aura beaucoup de constructions, mais à moyen et long terme, ça peut amener le succès de Jean-Talon. »

Toutefois, il ne s’agit encore que d’une première ébauche, dont les applications concrètes ne sont pas encore connues. À cet égard, l’arrondissement recevra jusqu’au 31 juillet, par le Web, les réflexions des citoyens sur le projet. Par la suite, la firme d’architecte entamera l’écriture de son document définitif.

Une consultation finale sera ensuite proposée, avant l’intégration du Programmes particuliers d’urbanisme (PPU), document final de ce plan, ne soit adopté.

La SDC s’inquiète
Des mesures qui ne convainquent toutefois pas la société de développement commercial (SDC) de la rue Jean-Talon. « La stratégie de mise en œuvre semble assez timide et beaucoup de priorités sont prévues dans un échéancier de 7 à 10 ans, ce qui nous semble un peu inquiétant », constate le directeur général de la SDC, Pierre Frisko. Il déplore par le fait même que beaucoup de propositions semblent peu intéressantes, et manque de procédures concrètes pour leur mise en application.

« On remarque aussi que la SDC n’est pas souvent un acteur impliqué dans le document, ça ne semble pas nous mettre à contribution. Il me semble que la SDC devrait davantage être partie prenante », remarque également M. Frisko. Néanmoins, il se réjouit que la proposition qu’il avait soumise de créer un comité de travail entre l’arrondissement, la SDC et la STM pour planifier la venue de la ligne bleue ait été retenue.

De son côté, le conseiller de ville Dominic Perri souligne qu’il faut voir les mesures comme un ensemble, plutôt que de les prendre séparément. « On vise le succès de la rue Jean-Talon, on fait tous les efforts possibles, y compris en écoutant les citoyens, pour avoir un projet qui est acceptable. L’objectif final est le succès de la rue. »

Il rappelle également que la collaboration de tous les acteurs sera essentielle afin d’assurer l’atteinte de cet objectif. « C’est bien beau de notre côté mettre tous les efforts possibles, mais ça prend aussi un investissement des propriétaires si on veut réussir, s’exclame-t-il. C’est inutile de faire toutes les consultations possibles s’il y a des marchands qui ne lavent pas leurs vitres et des propriétaires qui ne réparent pas leur façade. Ça prend une participation de tout le monde ! »

Un processus critiqué
L’enthousiasme de la SDC face au processus était également limité. « C’est un peu embêtant, on a appelé ça une soirée de consultation, mais c’était davantage une soirée d’information croit M. Frisko. Il n’y avait pas de documentations disponibles préalablement, qui auraient permis d’avoir des discussions plus riches. Si on s’engage à faire de la consultation, on devrait le faire selon les règles de l’art. »

Pour M. Perri, cette critique n’a pas lieu d’être, alors que le processus est semblable à celui utilisé dans le cadre des autres grands projets de l’arrondissement. « Le but des consultations est justement d’avoir les citoyens sur place afin qu’ils puissent assister aux présentations. Ce n’est d’ailleurs pas une consultation finale, rappelle-t-il. Ça nous permet de voir si nous sommes dans la bonne direction, et on prend note des commentaires pour ajuster le projet. »

De son côté, Johanne Couture, la directrice de l’aménagement urbain et des services aux entreprises à l’arrondissement, croit que la façon de faire permettait de mieux vulgariser l’information pour les participants. « Ce n’est pas toujours évident de comprendre ce qu’est un PPU, pense-t-elle. On essaie de l’amener près des citoyens pour qu’ils comprennent et participent. »


Les 4 orientations du PPU

  • Stimuler les activités urbaines pour créer un levier de transformation urbaine.
    Huit objectifs sont répertoriés pour y arriver, dont celui d’intensifier les terrains sous-développés ou sous-utilisés, de mieux planifier les emplacements pour certains usages, et de réinvestir dans les bâtiments existants.
  • Miser sur une approche de mobilité durable basée sur la dimension humaine et le contexte environnant.
    Pour y arriver, cinq objectifs sont proposés, dont de mieux gérer les stationnements et de réduire l’espace consacré à l’automobile et d’augmenter celui réservé aux transports actif et collectif.
  • Changer le paysage de la rue pour offrir des expériences positives.
    Encore une fois, cinq objectifs sont proposés, parmi lesquels celui de revoir l’aménagement de la  rue et des intersections, ainsi que d’améliorer la propreté et l’esthétisme du domaine public.
  • Promouvoir le développement durable et la résilience dans les choix d’aménagement et de construction.
    Parmi les cinq objectifs, on y suggère de végétaliser les domaines public et privé ainsi que de faciliter  l’accès  aux  espaces  publics  et  verts, et les mettre en réseau.