Saint-Léonard

Cent ans de service au sein de la communauté italienne

Cent ans de service au sein de la communauté italienne
Photo: Félix Lacerte-GauthierLe président de l’Ordre des Fils d’Italie, Giuseppe Fratino.

Première association italienne au pays, l’Ordre des Fils d’Italie célèbre cette année son centenaire. Pour préserver sa pertinence, l’organisme envisage de réorienter sa vocation.

« [L’Ordre] a commencé à New York en 1905, dans le but d’aider les immigrants italiens qui arrivaient aux États-Unis à s’intégrer dans la société, révèle Giuseppe Fratino, président de l’Ordre. En 1919, un groupe montréalais a pu obtenir la permission de fonder une loge au Canada dans ce même objectif. »

La première au Québec, celle-ci a gagné en importance, alors qu’une démultiplication de loges a commencé à se produire à Montréal, toutes relevant néanmoins de la loge originale. « En 1940, on en comptait une quinzaine, poursuit M. Fratino. Chaque groupe, qui provenait souvent de différentes régions d’Italie, voulait avoir la sienne. »

Alors qu’initialement l’Ordre aidait les arrivants à s’intégrer, en leur prêtant notamment de l’argent pour l’achat de maisons, sa vocation a tranquillement changé. « Après la guerre, ce n’était plus les mêmes besoins, pense M. Fratino. Les Italiens avaient déjà leur travail et étaient intégrés à la société. C’était plutôt de commencer des activités pour les réunir.

Dans les années 1980 toutefois, l’Ordre a commencé à perdre de son ascendance sur la communauté italienne montréalaise, alors que de nombreux autres organismes ont été fondés. « La Fondation italienne, le Congrès italien, la CIBPA … il y en avait tellement d’autres, énumère M. Fratino. D’autres ont commencé à faire la même chose que nous faisions, ce qui a fait descendre les Fils d’Italie. »

« On est la première association italienne qui célèbre son 100e anniversaire. Il n’y en a pas d’autres qui ont duré aussi longtemps. » – Giuseppe Fratino, président de l’Ordre des Fils d’Italie

S’adapter pour survivre

Une parade organisé en 1928, en l’honneur de Giovanni Caboto (Jean Cabot).
(Courtoisie Archives Ordre des Fils d’Italie)

Conscient que les temps ont changé, M. Fratino admet que les Fils d’Italie doivent s’adapter avec leur époque afin de conserver de leur pertinence. « On ne peut plus faire ce qu’on faisait il y a 30-40 ans, croit-il. Nous avons beaucoup d’histoires et d’archives. Si on veut continuer, il faut prendre le leadership et promouvoir cet aspect. »

Pour lui, il est particulièrement important de faire de l’organisation un lieu d’apprentissage où serait préservée la mémoire de la communauté italienne, afin qu’elle conserve une certaine résonance. Un élément sur lequel il compte travailler au cours des prochaines années.

« Ce n’est pas facile de rejoindre les jeunes. Ils ne pensent pas comme nous. [À mon époque], c’était important de préserver la langue et les traditions italiennes, constate M. Fratino. C’est à nous de leur enseigner l’importance que ça a, sinon, on va devenir comme les [États-uniens] qui se disent Italiens, mais qui ne parlent pas un mot de la langue. »

Célébrer en musique

Pour clore les célébrations entourant son centenaire, l’Ordre proposera le vendredi 11 octobre prochain, un concert réunissant cent musiciens, provenant de trois orchestres différents, ainsi que trois chanteurs d’opéra. Quatre bourses d’études seront également remises pour l’occasion à des jeunes de différents niveaux. Le spectacle proposera autant des opéras classiques italiens, que des musiques du chanteur Frank Sinatra ou du compositeur Ennio Morricone.