Montréal
14:23 18 juin 2020 | mise à jour le: 18 juin 2020 à 15:04 temps de lecture: 4 minutes

Visite d’une classe «express» pour futurs préposés aux bénéficiaires

Visite d’une classe «express» pour futurs préposés aux bénéficiaires
Photo: Félix Lacerte-GauthierFrançois Lemire, directeur du Centre de formation professionnelle Antoine-de-Saint-Exupéry, devant l'une des 18 cohortes de futurs préposés.

Alors que la formation de préposé aux bénéficiaires débute au Centre de formation professionnelle Antoine-de-Saint-Exupéry, à Saint-Léonard, près de 400 élèves sont inscrits pour suivre le cursus «express». Un nombre qui surpasse les attentes.

À l’entrée des lieux, François Lemire, le directeur, supervise la bonne marche des opérations. En ce mercredi, l’école accueille ses derniers nouveaux, alors que la rentrée a été étalée sur trois jours pour favoriser la distanciation sociale.

En temps normal, le Centre accueille environ une demi-douzaine de groupes, répartis entre cours de jour et de soir.

Présentement, ce sont 18 cohortes qui suivent la formation à l’intérieur des murs du centre. Pour M. Lemire, il s’agit d’un véritable casse-tête.

«Au début, on pensait que ce serait seulement de la théorie. On avait suffisamment d’enseignants pour partir 18 groupes. Mais vers la fin, on a appris qu’il y aurait aussi des cours pratiques en laboratoire, mais nous n’en avions que deux ici.» -François Lemire

L’école secondaire adjacente étant présentement en vacances, M. Lemire a pu obtenir la permission d’utiliser ses salles de classe. Celles-ci ont rapidement été réaménagées en laboratoire de fortune.

« Grâce à nos bonnes relations avec le CIUSSS de l’Est, on a pu en construire sept supplémentaires avec de l’équipement qu’ils nous ont fourni. On peut donc faire neuf groupes de jours et autant de soirs », explique M. Lemire.

Un engouement inattendu

Chaque cohorte compte 22 élèves. À l’intérieur de l’école, ceux-ci doivent obligatoirement porter le masque. Une fois les cours pratique commencés, ils s’habilleront de tenues de protection complète.

Au total, le centre de formation avait reçu 2 200 demandes d’inscription pour son programme. Un engouement que s’explique mal M. Lemire.

«Pour certains, c’est une porte d’entrée pour travailler dans le milieu de la santé. Je crois aussi que la bourse en attire plusieurs, estime-t-il. Il y en a beaucoup qui veulent aider. Je sens vraiment un engouement à ce niveau.»

La formation avait rapidement été mise sur pied par le gouvernement pour combler la pénurie de préposés. Celle-ci se donne en accéléré, avec 375 heures de cours réparties sur trois mois. Pour inciter davantage de personnes à s’y inscrire, le gouvernement propose des bourses de 760$ par semaine, contre l’engagement de travailler pendant au moins un an en CHSLD. On leur promet ensuite un salaire de 26$ de l’heure une fois qu’ils seront embauchés.

Gabriel Abraham entame la formation afin de pouvoir aider les autres. Ce sont les nombreux reportages en temps de COVID sur le rôle primordial des préposés qui lui ont permis de découvrir la profession. «Je ne savais pas ce que c’était avant, et l’importance qu’ont les préposés. Ça m’a beaucoup sensibilisé», confie-t-il.

Assis près de lui, Omar a décidé de suivre la formation de préposé après avoir pu faire l’expérience de la profession. «J’avais commencé un baccalauréat en sciences infirmières, dans lequel j’avais fait un stage où je faisais le travail d’un préposé. J’avais trouvé l’expérience intéressante, d’être en contact avec ces personnes et les aider dans leurs activités quotidiennes.»

Dans le groupe suivant, Lyne Tourangeau a pris le risque de quitter son emploi dans une clinique de radiologie pour suivre la formation. Elle s’était déjà portée volontaire pour offrir son aide en CHSLD au plus fort de la crise, voulant apporter son aide.

«Je voyais déjà l’urgence dans les CHSLD avant la crise, explique-t-elle. Quand on travaille dans le milieu de la santé, c’est un don de soi. Je crois que les gens qui se sont inscrits sont prêts à s’engager. De toute façon, si ce n’est pas le cas, on va s’en rendre compte rapidement.»

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