Miss Teen Québec: une Léonardoise remporte la couronne
Sur la scène, il ne restait plus que trois finalistes. Fébrile, Pamela Pagano tentait tant bien que mal de cacher son excitation. Et puis, l’animateur a pris la parole.
« Je me suis dit “Oh mon Dieu, c’est moi. Wow!” C’était comme un rêve. Sur scène, j’ai tout fait pour ne pas pleurer. Comme j’ai dû faire une séance photo avec ma couronne tout de suite après, je n’ai pas eu le temps de me rendre compte que c’était vrai. Mais dès que je suis revenue à la maison, je me suis mise à pleurer. »
Au lendemain de sa victoire, tous ses voisins, plats de nourriture sous les bras, se sont rendus au domicile de la famille Pagano. Tard en soirée, ils y étaient encore à célébrer le couronnement de la jeune Léonardoise.
« C’était beau de la voir sur scène. Je voyais bien qu’elle était heureuse. Mais elle le mérite, elle a travaillé fort cette année. Elle a le don de se dépasser, particulièrement dans ses études. Elle persévère toujours », confie fièrement Biagio Pagano, le père de la couronnée.
Pendant les douze prochains mois, la jeune femme devra abattre beaucoup de boulot pour faire honneur à son titre. Elle aura la responsabilité de faire des apparitions en public, de participer à des événements médiatiques et, surtout, de faire du bénévolat. Ça pourrait être une lourde tâche pour une jeune femme de 15 ans.
« Je me sens à l’aise, excitée et préparée à faire tout ce que je devrai faire. Je vais travailler entre autres pour Enfant Soleil, mais aussi beaucoup pour Monnaie d’espoir, une fondation que mon père a créée. »
Cet organisme caritatif œuvre à faire des collectes de fonds pour les enfants et adolescents atteints du cancer.
« Ça me touche vraiment. Mon père lui-même a eu le cancer. Au final, nous, on a été chanceux. Mais ce n’est pas tout le monde qui l’est. Je veux changer des vies et donner au suivant. Je souhaite faire un changement, petit ou grand, dans la vie des gens que je vais croiser. »
Un simple concours de beauté?
Aux yeux de certains, Miss Teen Québec: ne serait rien de plus qu’un simple concours de beauté; une compétition qui établirait des critères d’apparence irréalistes pour les jeunes Québécoises. Pire, un vestige d’une autre époque qui contribuerait à l’objectivation de la femme. Rien n’est plus faux selon la gagnante de l’édition 2014.
« Il y a eu des gens qui sont venus me voir pour me dire que c’est superficiel. Mais je pense qu’ils ne comprennent pas l’objectif. Ce n’est pas la silhouette qui compte. Si tu n’es pas belle à l’intérieur, même si tu es la plus jolie physiquement, tu ne gagneras pas. Ce qui compte, c’est la façon de s’exprimer et d’échanger avec les autres. Je veux être un modèle pour inspirer les autres. Si tu ne te trouves pas belle, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche. Tout le monde est beau. »
Sa mère, Rita Chiovitti, précise que les jeunes participantes n’ont pas eu à se pavaner en maillot de bain. Selon elle, le concours jauge la beauté intérieure plutôt que l’apparence physique.
« Nous l’avons bien préparée dans l’éventualité qu’elle perde. Elle devait participer pour la bonne raison : pour le plaisir. C’est exactement ce qu’elle a fait. Elle s’est amusée et elle s’est fait de nouvelles amies. Dans toutes les compétitions, que ce soit au soccer ou au hockey par exemple, quelqu’un perd et quelqu’un gagne. L’important, c’est que les jeunes gardent les deux pieds sur terre. »
Sortir de sa coquille
Élève en quatrième secondaire à l’école Laurier Macdonald, Pamela Pagano obtient des notes presque parfaites. Elle excelle aussi en dessin et en arts plastiques. Pourtant, la jeune a parfois manqué de confiance en elle.
« L’une des raisons pour lesquelles on voulait qu’elle participe, c’est qu’elle était une fille très gênée. On voulait trouver un moyen pour qu’elle puisse développer son estime de soi », explique Mme Pagano.
Selon la jeune femme, sa participation au concours a déjà commencé à porter ses fruits.
« Avant, j’avais de la difficulté à m’adresser à un groupe. Par exemple, à l’école, c’était difficile pour moi de faire des exposés oraux. Maintenant, j’arrive à me faire des amis plus facilement. Je suis même capable de parler devant une foule et faire des entrevues avec des journalistes! On me connaît maintenant comme Pamela, la fille qui est toujours souriante. »