MISE À JOUR – Des marronniers léonardois réfugiés dans Rosemont ?
Pour le maire de Rosemont – La Petite-Patrie, François W. Croteau, la décision de remplacer des arbre matures sur la base de simples plaintes que « des marrons peuvent tomber de l’arbre, et donc, être dangereux », n’a pas de sens.
« Nous avons une politique de l’arbre à Montréal très stricte sur ce point : il faut d’abord s’assurer qu’on a épuisé toutes les possibilités avant d’enlever des arbres. On le fait quand ils sont malades et qu’il y a des risques que des branches tombent. Que des marrons puissent être un danger quand ils se détachent des feuilles des arbres, non, ce n’est pas une raison suffisante pour procéder au remplacement d’arbres matures si importants dans la lutte aux îlots de chaleur. Vous imaginez si on prenait une telle décision à Paris, là où il y a 15 000 marronniers ? C’est impensable! »
À Saint-Léonard, le conseiller Perri fait savoir que pour le moment aucun arbre ne sera abattu. « Nous avions reçu quelques plaintes de résidents qui disaient que les marronniers leur causaient des problèmes. En adoptant cette politique, on voulait savoir ce que les gens en pensaient. Une lettre a été envoyée à chaque propriétaire pour les informer de cette possibilité. Il y a une trentaine de personnes qui ont manifesté leur volonté de remplacer l’arbre », mentionne M. Perri.
Dans le bulletin d’information Le Léonardois du mois de décembre dernier, le directeur de l’arrondissement, Gilles Rainville, écrivait que « les quelques 140 propriétaires qui ont un marronnier appartenant à la Ville sur leur terrain et qui jugent que cet arbre leur crée toutes sortes d’inconvénients pourront [donc] accepter que l’arrondissement l’abatte, mais à la condition que celui-ci soit remplacé par un arbre mieux adapté au milieu urbain et ayant un potentiel de plus grand déploiement. Si ce n’est pas déjà fait, les propriétaires concernés recevront sous peu une lettre pour les informer de cette opportunité. Ce sera à eux de décider s’ils acceptent de remplacer ou de conserver leur marronnier. »
M. Perri n’a pas la même lecture de cette politique. Il explique que l’envoi de cet avis était en quelque sorte une façon de sonder les citoyens.
« C’était une étude pour voir s’il y avait réellement un problème avec ces arbres », soutient-il. Il ajoute que l’adoption de la politique ne rime pas avec son entrée en vigueur. Ainsi, constatant que seulement une trentaine de personnes sur les 142 visées par cette nouvelle politique ont manifesté le désir de se départir de leur arbre, il confie que les élus aborderont la question à leur prochain caucus.
Faisant partie de la Commission permanente sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs, M. Perri fait partie des élus qui se sont penchés sur le Plan d’action canopée 2012-2021. Questionné à savoir si son rôle n’entrait pas en contradiction avec cette politique, il répond.
« En effet, mais ce n’est pas quelque chose qui est en vigueur. Nous allons justement nous rencontrer à ce sujet avec les autres élus de Saint-Léonard et je crois que, pour le moment, la politique n’entrera pas en vigueur », dit-il.
Le maire de RPP, M. Croteau a indiqué qu’il a l’intention de demander aux élus locaux de voter une motion stipulant que les marronniers enlevés pourront trouver « refuge » sur le territoire de RPP. « On offre de les recueillir chez nous s’ils (les citoyens) n’en veulent plus à Saint-Léonard. Ça va nous faire plaisir! » Les élus rosemontois voteront d’ailleurs une motion en ce sens au conseil du 4 février, qu’ils feront parvenir aux décideurs du quartier voisin par la suite.
M. Perri insiste pour dire que l’administration locale n’en est pas encore là. « M. Croteau, qu’il s’occupe de ses arbres. Nous, on s’occupe des nôtres et pour le moment, aucun n’a été abattu et on ne prévoit pas le faire non plus », fait-il savoir.
Avec la collaboration de Philippe Beauchemin