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L’ex-bras droit du maire corrompu, dit un témoin

Foisy Philippe-Vincent - TC Media
En plus de s’être fait construire une cuisine d’une valeur de 250 000$ et de s’être fait promettre un terrain de 1M $, l’ancien président du comité exécutif de Montréal, Frank Zampino, aurait reçu 300 000$ en argent comptant de l’entrepreneur Paolo Catania dans le cadre du projet immobilier Faubourg Contrecœur dans l’est de la ville.

C’est ce qu’a soutenu lundi un ancien ami de Paolo Catania, Elio Pagliarulo, ex-propriétaire des pâtisseries Pagel. L’homme d’affaires avait participé avec MM. Catania, père et fils, à un système de prêts usuraires pendant une dizaine d’années.

Paolo Catania avait réussi à acheter, en 2007, le terrain d’une valeur de 50 millions $ pour 20 millions $. Il a, par la suite, déduit 15 millions en frais de décontamination « qui n’avait pas eu lieu », a affirmé M. Pagliarulo.

C’est M. Pagliarulo qui devait apporter l’argent, 100 000$ à trois reprises, à Paolo Catania. Ce dernier lui a raconté qu’il remettait les sommes à M. Zampino. À deux reprises, M. Pagliarulo a croisé l’ancien maire de Saint-Léonard dans un club de Montréal lorsqu’il y apportait l’argent.

Il a aussi raconté que Paolo Catania lui avait demandé de l’argent comptant, des enveloppes de 5 000 à 25 0000$, pour payer des surveillants de chantier, dont Luc Leclerc. Paolo Catania lui a informé que l’entièreté de la maison du fonctionnaire, voisin des Catania d’ailleurs, a été payée « en pots-de-vin ».

Il a remarqué que Gilles Vézina, supérieur de M. Leclerc, avait une « aura de respect » autour de lui lorsqu’il était présent dans les fêtes.

À plusieurs reprises, M. Catania lui aurait dit qu’il se surnommait « Mister Extras » grâce aux dépenses autorisées par Luc Leclerc et Gilles Vézina. Le plus gros « faux extra » aurait rapporté 600 000$ à M. Catania.

« C’était de l’argent gratuit pour Paolo », a expliqué M. Pagliarulo.

« On blaguait parfois après un souper très cher qu’il était payé grâce aux extras », explique celui qui célébrait les fêtes d’enfants, de Noël et autres avec les Catania.

La mafia et la construction

M. Pagliarulo a aussi confirmé l’existence d’un cartel de compagnies qui se partageaient des contrats d’égouts sous la supervision de la mafia. Contrôlé par Rocco Sollicito, du clan Rizzuto, avec Nicolo Milioto, de Mivela Construction, comme entremetteur, le cartel devait verser une taxe, un pizzo. Construction Frank Catania versait 5% de la valeur de ses contrats à M. Milioto.

Ce système de corruption et de collusion s’est intensifié, a expliqué M. Pagliarulo, aux débuts des années 2000 lorsque Paolo a pris la place de son père, Frank, à la tête de l’entreprise Construction Frank Catania qui a obtenu 22% des contrats à la Ville.

Pour assurer sa dominance dans le marché, Paolo Catania a engagé son père retraité pour « faire du lobbying auprès du parrain de la mafia », chaque jour au café Cosenza.

« Frank Catania avait un accès direct au parrain », a expliqué M. Pagliarulo qui a déjà serré la main à M. Rizzuto.

L’amitié entre Paolo Catania et M. Pagliarulo s’est terminée autour de 2008, à cause de problèmes dans leur système de prêt usuraire.

M. Pagliarulo a commencé à recevoir des menaces pour recouvrir les 1,8 millions$ dus à la famille Catania.

« Ils m’ont dit : les Catania ne perdent pas d’argent », a raconté celui qui affirme avoir été kidnappé et battu par l’entrepreneur avant de porter plainte à la police.

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