Une armée pour vaincre le cancer du sein
Le dépistage du cancer du sein se fait surtout par les acteurs de première ligne, tels que les médecins de famille. Dès l’âge de 50 ans, les femmes sont invitées à passer une mammographie sur une base régulière afin de détecter toute tumeur. Lorsqu’une anomalie est constatée, la patiente est ensuite prise en charge par la clinique de préadmission.
« C’est la première ressource qui leur est offerte. On leur explique ce qui va se passer. Certaines vont être opérées, d’autres vont être hospitalisées. Au besoin, on va référer au CLSC pour des suivis médicaux. Elles vont ensuite rencontrer le chirurgien et selon le résultat de la biopsie, vont être redirigées au département d’oncologie où va être déterminé le plan de traitement », explique Lucie Lemay, chef d’unité des cliniques ambulatoires à l’hôpital Santa-Cabrini.
Une équipe interdisciplinaire est mise à la disposition des patientes. L’hôpital Santa Cabrini dispose d’une équipe d’oncologues qui travaille de concert avec des infirmières, des chirurgiens, des conseillères en soins palliatifs, des bénévoles, des représentants du CSSS Saint-Michel – Saint-Léonard, des nutritionnistes, des psychologues, des archivistes médicaux et des pharmaciens spécialisés en oncologie. Chacun joue un rôle primordial.
« Le patient est un centre du traitement. Il y a ensuite les quatre oncologues qui déterminent le plan de travail, mais il y a aussi tous les autres spécialistes qui travaillent en interdisciplinarité », souligne Mme Lemay.
Ressources
Lors de leur premier traitement, les patientes sont invitées à prendre part à un groupe d’enseignement. Il est offert les mercredis matin, toutes les deux semaines.
« Les patientes viennent passer l’avant-midi avec leur famille. La psychologue explique vraiment ce qu’est la détresse psychologique et fait une évaluation des patientes à l’aide d’un questionnaire. La nutritionniste explique aussi ce qu’il faut prioriser dans l’alimentation », informe Manon Lafrenière, infirmière pivot en oncologie.
D’autres intervenants travaillent plus dans l’ombre. Par exemple, les archivistes compilent les données qui sont ensuite envoyées au registre Sardo et au Registre québécois du cancer. Toutefois, leur travail est essentiel.
« Ces registres sont très importants pour la recherche, pour comparer les tumeurs et évaluer l’efficacité des traitements administrés. C’est essentiel », insistent Mmes Lemay et Lafrenière, ainsi que leur collègue, Lina Spagnuolo, directrice des soins et services cliniques.
Une pochette contenant un bottin des ressources régionales et locales, un guide sur le cancer ainsi qu’un « passeport oncologique » est remis aux patientes afin qu’elles aient toutes les informations nécessaires pour les diriger vers les services répondant à leurs besoins.
Le secret du succès
Même s’il reste beaucoup de travail à accomplir pour enrayer, une fois pour toutes, cette maladie, les percées médicales sont encourageantes.
« Le taux de survie est maintenant de 88 %, alors qu’il était de 82 % il y a quelques années à peine. On s’améliore, notamment grâce au dépistage et aux traitements plus perfectionnés », informe Mme Spagnuolo.