Noël à la pharmacie
Les jours fériés, la pharmacienne ne connaît pas ça. Noël, jour de l’An, Action de grâce, fête du Travail et Pâques sont des jours comme tous les autres. Elle doit se rendre à la pharmacie et servir les clients.
« Quand tu es pharmacienne, les longs congés, ça n’existe pas et les fins de semaines de trois jours, c’est une heureuse coïncidence.
« C’est sûr que Noël a perdu un peu de sa valeur. À la base, il s’agit d’une fête religieuse. Pour ceux qui ont d’autres croyances, il s’agit d’une journée comme les autres. C’est pour cette raison qu’ils font leurs commissions comme si on était le 3 octobre », rationalise la jeune femme.
Cette situation ne semble pas trop déranger Mme Joseph qui fait contre mauvaise fortune bon cœur.
« Ça ne m’a jamais vraiment manqué. Quand j’ai choisi cette profession, je savais à quoi m’attendre. Mon but initial est de promouvoir des soins de santé », avoue-t-elle.
Lors des congés fériés, le nombre de clients est beaucoup moins élevé qu’à l’habitude. Alors que quelques personnes se présentent à la pharmacie pour des urgences médicales, la majorité vient y faire des achats de dernière minute, informe-t-elle.
« C’est relativement mort à la pharmacie. On ne délivre pas beaucoup d’ordonnances. Dans le cas d’un enfant malade, on ne peut pas vraiment attendre. Ce n’est pas comme un adulte qui a un rhume. La proportion des gens qui magasinent à l’avant est cependant plus grande », concède-t-elle.
Depuis 2008, des modifications à la Loi sur les heures d’ouverture, autorise les épiceries à être fermées les 25 décembre et 1er janvier. Questionnée sur l’éventualité d’étendre ce règlement aux pharmacies, Mme Joseph reste prudente.
« Est-ce que ce serait une bonne chose? Oui et non. Non, dans le sens que notre but n’est pas le même qu’une épicerie. C’est important que l’on soit disponible et que les gens aient accès à un professionnel de la santé, peu importe le jour de l’année. Par contre, il y a sûrement un moyen de restreindre le nombre d’établissements ouverts dans un certain périmètre », fait-elle valoir.
Par contre, avant qu’une telle situation soit envisageable, plusieurs modifications devront être apportées au système de santé actuel, insiste la pharmacienne. Les dossiers médicaux des patients devront être reliés, de sorte que les différents spécialistes de la santé y aient accès.
« Nous avons toujours le réflexe de demander aux patients s’ils prennent des médicaments sur une base régulière. Ils ne pensent pas à nous indiquer qu’ils consomment certains médicaments ou qu’ils ont un problème de santé, puisque ça fait tellement partie de leur vie. Un patient qui est hypertendu, même si sa pression est contrôlée, il demeure un patient hypertendu et il y a des limites dans les médicaments que l’on peut utiliser sans danger », explique-t-elle.
Puisque la réforme du système de santé ne se fera pas du jour au lendemain, Mme Joseph devra travailler durant les Fêtes, du moins, pour encore quelques années.
« J’aime mieux travailler lorsqu’il y a du monde. Ça me fait sentir que ç’a valu la peine que l’on ait ouvert la pharmacie et que je sois venue travailler. Ouvrir une pharmacie, ça implique non seulement que le pharmacien doit être présent, mais aussi la technicienne de laboratoire, les commis de plancher et les caissières. Autant faire en sorte que ces ressources n’aient pas été déployées pour rien », explique-t-elle.
Alors, durant le temps des Fêtes, entre deux réunions familiales, n’oubliez pas d’aller saluer votre pharmacien dans une pharmacie près de chez vous!