Sud-Ouest
17:40 19 octobre 2017 | mise à jour le: 23 octobre 2017 à 12:35 Temps de lecture: 4 minutes

Pointe-Saint-Charles: le Collectif 7 à nous se mobilise pour le lot 5

Pointe-Saint-Charles: le Collectif 7 à nous se mobilise pour le lot 5
Photo: (TC Media - Justine Gravel)

Après une longue lutte citoyenne qui lui a permis d’acquérir le Bâtiment 7 dans Pointe-Saint-Charles afin d’en faire un immeuble à vocation communautaire, le «Collectif 7 à nous» poursuit sa bataille. Il demande maintenant à la Ville de Montréal de respecter sa promesse d’acheter le terrain adjacent, le lot 5, et le transformer en lieu public.

D’après une entente signée en 2012 entre Montréal et le Groupe Mach, propriétaires des terrains du CN, la ville-centre s’était engagée à acheter ce lot de 1167 m2 situé juste en face de la portion sud du Bâtiment 7 afin d’en faire un parc ou un espace vert. La seule condition était que le «Collectif 7 à nous» parvienne à mettre sur pied son projet communautaire, ce qu’il a réussi au printemps.

«La Ville a une option d’achat depuis cinq ans et elle ne s’est jamais prononcée à savoir si elle allait s’en prévaloir ou non, tout est en suspens», déplore Isabelle Monast-Landriault, chargée de projet au «Collectif 7 à nous».

Elle devait recevoir plus d’informations au mois d’août, mais rien n’a été fait, précise-t-elle. La Ville n’a pas retournée les demandes d’entrevue de la part de TC Media.

Trois volets
De concert avec la table de concertation Action-Gardien, le «Collectif 7 à nous» a donc décidé de lancer une campagne de mobilisation intitulée «Moins de bétons, plus de melons!», un nom faisant référence aux jardins collectifs et la fermette urbaine qu’ils aimeraient aménager sur ce terrain vacant.

«Nous serions prêts à mettre la main à la pâte pour aménager tout ça», ajoute Mme Monast-Landriault. Ce lot deviendrait ainsi complémentaire au pôle alimentaire prévu dans le Bâtiment 7, qui comprend notamment une épicerie à faible coût appelée Le Détour.

Divisée en trois volets, la campagne de mobilisation se poursuivra jusqu’à ce que la Ville remplisse son engagement. Une pancarte explicative du projet prévu pour le lot 5 sera affichée au coin des rues Le Ber et Sainte-Madeleine. Un événement festif le soir de l’Halloween aura également lieu au Bâtiment 7 où des feuillets explicatifs seront distribués et beaucoup d’informations seront diffusées sur les réseaux sociaux.

«Toute la mobilisation autour des terrains du CN a fait l’objet d’une lutte populaire, plusieurs citoyens se sont impliqués. On ne voulait pas que ça reste un enjeu dans les mains du 7 à nous, mais que ça devienne et reste un enjeu collectif», explique Mme Monast-Landriault.

Besoin
Le sud de Pointe-Saint-Charles étant qualifié de désert alimentaire, l’achat de ce terrain pourrait contribuer à améliorer l’accessibilité à une alimentation saine, selon les membres du «Collectif 7 à nous».

«La mission alimentaire, écologique et éducative de la programmation du lot 5 pourrait avoir un impact significatif sur les conditions de vie des gens du quartier», soutient Gabrielle Guérin, présidente de l’organisme.

Pour Mme Monast-Landriault, c’est une occasion d’utiliser l’espace en lien avec les besoins du quartier plutôt que de s’en servir pour construire davantage de copropriétés, alors que 600 unités sont déjà prévues dans le développement des terrains du CN, propriété du promoteur immobilier Groupe Mach.

En raison de l’emplacement particulier du terrain, situé tout juste à côté d’une future tour à condos, Mme Monast-Landriault craint que le promoteur décide d’utiliser l’espace vacant pour agrandir son projet immobilier. «La seule manière d’être certain que ça n’arrivera pas est que la Ville achète le terrain», soutient-elle.

L’ensemble du terrain des anciens ateliers du CN sera divisé en quatre. Il y aura une part industrielle, les Cours Pointe-Saint-Charles et une partie résidentielle, où seront construites plus de 850 unités, dont 250 logements sociaux et communautaires. Le Bâtiment 7, à vocation communautaire, sera l’interface entre ces deux parties et le reste de l’espace libre sera transformé en parcs.

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