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Trouver sa voix par l’écriture

Trouver sa voix par l’écriture
Photo: (Photo: Gracieuseté - Réjean Brunet)

Passionnée des mots depuis longtemps, Sylvie Laporte a un jour décidé de troquer la lecture pour l’écriture. Depuis, ce sont cinq romans qui sont nés de la plume de cette résidente de la Petite-Bourgogne, dont le dernier, Une berceuse pour Jérôme qui vient tout juste d’être publié. Racontant le quotidien de locataires d’un quadruplex à Montréal, l’ouvrage se veut une réflexion sur la place que chacun occupe dans la société.

C’est lors de sa marche quotidienne pour se rendre au studio où elle travaille dans le Vieux-Montréal que l’inspiration de son plus récent roman lui est venue.

«Je voyais toujours un monsieur au troisième étage de son logement qui se berçait en chantant à tue-tête. Il avait l’air tellement heureux à ce moment, mais en même temps tellement malheureux. Je me suis dit que je devais écrire quelque chose à partir de lui», explique l’auteure.

Ce personnage s’appelle Jérôme, un trentenaire déficient intellectuel qui passe ses journées sur son balcon à fredonner des chansons de Noël. S’il impose un lourd fardeau à sa sœur Marguerite, qui consacre sa vie à s’occuper de lui depuis la mort de leurs parents, il met un baume sur le cœur de ses voisins par sa légèreté d’esprit.

Il côtoie Clara, une fillette de 10 ans qui comble sa solitude en passant du temps chez chacun des locataires alors que sa mère est au travail. Pour sa part, Maxime se déculpabilise de n’avoir pu sauver sa sœur décédée d’une méningite en prenant soin des autres résidents du quadruplex. Et finalement, il y a le vieux Romuald qui n’accepte pas de vieillir malgré les contraintes physiques auxquelles il fait face chaque jour.

Leur train-train quotidien sera chamboulé alors qu’ils feront ensemble un voyage de camping à Québec.

Photo: Réjean Brunet

Quête d’identité
Bien que ce soit des personnages totalement fictifs, la romancière établit un parallèle entre leur vie et la sienne. «Tout le long de l’histoire, ils cherchent leur place, comme moi j’ai cherché la mienne pendant longtemps», dit la dame de 65 ans.

Elle avoue d’ailleurs qu’elle la cherche toujours, le quotidien étant la source de changements fondamentaux. «C’est ce qui fait la beauté, mais aussi la dureté de la vie», ajoute-t-elle.

Mme Laporte a quitté le domaine juridique à la mi-trentaine pour se retrouver à Paris, où elle a habité un an. Là-bas, par le biais du théâtre et de la danse, elle a su que l’art la faisait vibrer. À son retour à Montréal, elle a tenu plusieurs rôles dans des téléromans québécois, a été chroniqueuse à la télé et a finalement dirigé sa carrière vers la production en tant que directrice de doublage chez Pixcom.

L’écriture reste toutefois son médium de prédilection pour passer son message. «Mon but est bien sûr de divertir les gens en leur racontant une histoire, mais en même temps de les interpeller. Je veux présenter de la profondeur dans de la légèreté grâce à une pointe d’humour», souligne l’auteure.

Cette quête d’identité est d’ailleurs le fil conducteur de tous ses romans et continuera de l’être pour le nouveau projet littéraire sur lequel elle a déjà commencé à travailler.

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