Sud-Ouest

Accrocher des jeunes à l’école par la techno

Accrocher des jeunes à l’école par la techno
Photo: Voix Pop – Denis GermainEn collaboration avec l'école secondaire Saint-Henri, Osedea accompagne les élèves dans la conception d'un jeu interactif.

Inquiétée par le haut taux de décrochage, une entreprise numérique du Sud-Ouest met son expertise et son temps au profit de la persévérance scolaire, depuis quatre ans. Osedea initie des jeunes de l’école secondaire de Saint-Henri à la programmation et au design informatique, dont la dernière cohorte vient récemment de mettre en ligne son jeu interactif.

Le président et fondateur de la compagnie, Martin Coulombe, s’est inspiré des programmes de sports-études, en arts ou en musique pour accrocher les jeunes qui aiment les jeux vidéo à l’école.

Le président et fondateur d’Osedea, Martin Coulombe

«On s’est dit qu’on allait essayer de donner un intérêt pour les métiers numériques dans le but de les intéresser à poursuivre des études postsecondaires dans ce milieu», explique-t-il.

Valetina Segrea est l’une des participantes qui a eu la piqûre pour le domaine informatique et souhaite poursuivre dans cette voie grâce au programme.

«Je ne connaissais rien du tout à la technologie. La programmation, c’était tout nouveau pour moi, je ne savais pas comment faire, mais peu à peu j’ai compris. La partie du dessin était vraiment intéressante, de voir comment un designer pense et procède», raconte-t-elle.

Pour sa consœur Amrita Ramgoolam, la formation est venue confirmer son intérêt pour le numérique. «La programmation, ce n’est pas facile, mais c’est ce que je veux faire dans le futur. Ils m’ont aidé à comprendre la matière», mentionne l’adolescente.

«Qui est cette personne?»

Débuté en 2015, le programme de huit semaines invite des élèves de 3e secondaire à passer deux heures dans les bureaux d’Osedea, tous les mardis après les classes. La formation est donnée bénévolement par des employés de la compagnie.

Au fil des séances, les participants apprennent notamment à designer des applications mobiles ou des sites web ainsi que différents langages de programmation. Au terme du projet, les élèves ont conçu le jeu «Qui est cette personne?». Leur production interactive consiste à trouver le nom des différents personnages connus qui défilent.

Les apprentis se présentent aux séances sur une base volontaire. Sur une moyenne de 20 inscriptions par année, certains lâchent toutefois en cours de route. En 2019, 13 élèves ont complété la formation.

«La clé du succès du programme est vraiment de s’assurer que les jeunes voient une victoire à chaque cours. Ce serait excitant qu’ils apprennent tout en même temps, mais ce n’est pas réaliste. On veut donc les encourager, pas les décourager», indique la responsable au marketing, Ivana Markovic.

Source de motivation

Le directeur de l’école secondaire Saint-Henri, Camille Gouin, constate que le programme devient une source de motivation pour certains élèves.

«Il y a des jeunes qui ont dit que ça les avait attachés à l’école. Ça les a amenés à poursuivre et à compléter leur secondaire 5, pour après ça, faire quelque chose dans l’un de ces métiers (du numérique)», observe-t-il.

Sans vouloir cheminer dans le monde de la techno, Terry Latchman affirme désormais mettre davantage d’efforts à l’école.

«Je ne suis pas fort en français, mais ça m’a motivé à travailler plus dans cette matière. Ça m’a montré les possibilités d’un avenir que je peux avoir si je continue mes études et que je travaille fort», témoigne l’élève de 17 ans.

45%

Selon les dernières données qui datent d’il y a trois ans, le taux de décrochage s’élève à 45% à l’école secondaire Saint-Henri. Son directeur indique que la problématique touche davantage les filles que les garçons.