Sud-Ouest

Pas de stade pour des citoyens

Pas de stade pour des citoyens
Photo: Gracieuseté Karine TriolletPhoto 1 Par groupe de six, les citoyens de Pointe-Saint-Charles ont dessiné des plans d’aménagement du bassin Peel qui compte 900 000 pieds carrés de terrains appartenant à la Société immobilière du Canada.

Une centaine de citoyens de Pointe-Saint-Charles ont imaginé leur quartier ce week-end au cours d’une consultation de deux jours tenue dans une ancienne église appartenant à l’organisme communautaire Partageons l’espoir.

Cette opération d’aménagement populaire (OPA) vise à illustrer les propositions des citoyens concernant l’aménagement du bassin Peel, un site actuellement convoité pour le futur stade de baseball, un projet cher à l’homme d’affaires Stephen Bronfman et à la firme Devimco.

Dans les plans de la centaine de participants, figurent un centre aquatique, carrefour giratoire, une halte abritant un marché public, une école secondaire, un parc, mais pas de projet de stade. Le sujet n’a même pas été abordé lors des discussions, précise Karine Triollet, porte-parole de l’organisme Action Gardien, qui a mis sur pied cette consultation.

«Aucune équipe n’a parlé du stade. Les gens ne rêvent pas d’un stade de baseball, mais de l’avènement de commerces de proximité, de logements communautaires et abordables, de l’accès au fleuve. Certains ont proposé que la circulation de transit ne passe plus par Pointe-Saint-Charles, mais qu’on raccorde l’autoroute Bonaventure au pont Victoria», énumère Mme Triollet.

Vendredi soir (24 mai), le professeur d’urbanisme Michel Rochefort a présenté un portrait du secteur et les différentes opportunités de développement. Le lendemain, 35 personnes ont sillonné les rues du quartier en compagnie de l’historien Nicolas-Hugo Chébin. Puis, vers 13h, les citoyens, séparés en six groupes, ont amorcé le dialogue.

«Chaque équipe a discuté des principaux thèmes, dont le patrimoine, le transport. On s’est posé la question: comment voit-on le bassin Peel dans 10 ans? Quelle sera la place du logement, de l’emploi, des industries?», précise Mme Triollet.

Des propositions ont émergé au sujet de la création d’immeubles dotés de logements sociaux et abordables. Juste à l’arrière, des citoyens ont émis la suggestion d’ériger un mur anti-bruit à proximité du REM, future station de train.

Riches

Une citoyenne dans la soixantaine, Micheline Cromp, tenait à être présente à ces discussions. «Je n’en reviens pas qu’on parle d’un projet de stade, mais qu’est-ce que ça va donner au quartier? Pourquoi se faire dicter par les riches de ce monde? Comme si nous, les gens du quartier, moins fortunés, on ne pouvait pas savoir ce dont on a besoin», dit Mme Cromp qui a œuvré 30 ans dans le domaine communautaire.

«Pour moi, le stade ne répond pas aux besoins du milieu. Ici, on manque de logements sociaux», ajoute-t-elle.

Oeuvrant dans le milieu communautaire depuis 30 ans, Micheline Cromp estime que le quartier de Pointe-Saint-Charles n’a pas besoin d’un stade de baseball. Photo: Voix Pop-Annie Bourque

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Le conseiller municipal Craig Sauvé est arrivé à la fin de la séance, dimanche. «Étant donné que je n’étais pas présent aux discussions, je préfère prendre connaissance de ce que les gens ont dit avant de commenter», mentionne-t-il.

Le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) -les Quartiers du Canal, Robert Laramée, déplore le courant de négativisme entourant un éventuel stade. «On aurait pu avoir un beau projet avec le Cirque du Soleil et j’ai l’intention de faire connaître ma position sur le stade prochainement», confie-t-il.

Rappelons qu’à la récente séance d’information de l’Office de consultation publique de Montréal sur l’avenir du secteur Bridge-Bonaventure, le vice-président du Port de Montréal et vice-président de la Société immobilière du Canada (SIC), Pierre-Marc Mongeau a rassuré les citoyens. La société fédérale est toujours la propriétaire de cet immense terrain de 900 000 pieds carrés et qu’il n’y a aucune entente avec un promoteur.

Une trentaine de citoyens de Pointe-Saint-Charles ont sillonné les rues du quartier en compagnie de l’historien Nicolas-Hugo Chébin. Photo: Gracieuseté