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À quand les boîtes postales communautaires dans le Sud-Ouest ?

Alors que les choses se précisent dans certains secteurs de l’île de Montréal en ce qui concerne la fin de la livraison du courrier à domicile par Postes Canada, on ignore pour le moment quand et comment ça se fera dans l’arrondissement du Sud-Ouest.

Du côté notamment de Dorval, Lachine, Pierrefonds et L’Île-Bizard, on sait que le passage de la livraison à domicile aux boîtes communautaires se fera au printemps 2015. C’est toutefois le silence radio dans l’arrondissement du Sud-Ouest. Quand les boîtes feront-elles leur apparition? Combien y en aura-t-il? Où seront-elles situées? Il n’y a eu aucun échange à ce sujet jusqu’à maintenant entre l’administration municipale et Postes Canada, indique le maire de l’arrondissement, Benoit Dorais. «Ce qu’on dit de manière informelle, c’est que les quartiers centraux arriveront en dernier», mentionne-t-il.

Il n’y a pas encore eu de rencontre, confirme Anik Losier, porte-parole de Postes Canada. Dans le processus, «le travail débute par une rencontre avec les élus», explique-t-elle.

Afin de réduire ses frais d’exploitation, Postes Canada a annoncé la fin du service à domicile d’ici cinq ans pour cinq millions d’adresses au pays. Dans certains secteurs tels les quartiers centraux de Montréal, la transition vers les boîtes communautaires peut s’avérer plus compliquée. «Dans des endroits plus densément peuplés, ça ne sera peut-être pas possible», mentionne Anik Losier.

Si ça pose trop de problème de les installer sur le domaine public, la société d’État pourrait prendre entente avec des commerçants, entres autres possibilités, évoque-t-elle. Rien n’est encore arrêté.

Recours

La décision de mettre fin au service fait bouillir Benoit Dorais.

«Nous, à l’arrondissement, on est contre, réitère-t-il. On est en milieu dense. Le cadre bâti ne le permet pas. On n’a pas la place pour ça.» Comme plusieurs, il entrevoit des problèmes, particulièrement en ce qui concerne les personnes à mobilité réduite et les personnes âgées.

Alors que la suppression du service devrait entraîner la disparition de 6000 à 8000 emplois, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes poursuit ses démarches pour renverser la vapeur. Il envisage un recours en vertu de la loi sur les droits de la personne, indique Alain Robitaille, coordonnateur régional de la campagne Sauvons Postes Canada. «C’est un service public et universel et on voudrait que tout le monde ait le même service», dit-il.

Le syndicat étudie aussi la possibilité d’un éventuel recours collectif des propriétaires qui se retrouveraient avec une boîte sur leur terrain. C’est que Postes Canada a le droit d’exproprier une partie de la servitude. Cela entraînerait-il une perte de valeur de la propriété? «Il faut attendre et regarder comment ça va se passer», note M. Robitaille. «Ça se peut qu’on n’ait pas le droit de les refuser sur le domaine public», croit Benoit Dorais, précisant que la Ville étudie ce qui peut être fait d’un point de vue légal. Là où ça pourrait se jouer, c’est dans l’émission de permis, dit-il. «On ne peut pas refuser qu’il l’installe, mais on peut refuser qu’il la construise.»

Chez Postes Canada, on est confiant. «On installe des boîtes communautaires depuis trente ans. On a toujours travaillé avec les municipalités et on a toujours trouvé des solutions», signale Anik Losier. «On a toujours réussi à trouver une solution à l’amiable.»

 

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