Démission de Gérald Tremblay : il a posé le bon geste selon Benoit Dorais et Daniel Bélanger
Dans la foulée des allégations de corruption dont lui et son administration font l’objet devant la commission Charbonneau, Gérald Tremblay a finalement jeté l’éponge. Après avoir pris congé de l’hôtel de ville pendant quatre jours, il y a remis les pieds le 5 novembre pour annoncer sa démission comme maire de Montréal.
«Il a posé le bon geste pour la ville de Montréal et pour le parti», a commenté le conseiller d’Union Montréal dans le district de Saint-Paul – Émard, Daniel Bélanger.
Ce dernier a du même souffle réitéré toute sa confiance en Gérald Tremblay en dépit des allégations. «Je n’ai jamais douté de l’intégrité du maire malgré ce qui est rapporté à la commission Charbonneau», a dit le conseiller. «C’est une personne en qui je croyais.»
«Est-ce qu’Union Montréal va se relever de tout ça?», l’élu se le demande alors qu’il reste un an avant le prochain rendez-vous électoral.
Comment M. Bélanger entrevoit-il la suite des choses, lui qui a fait le saut sur la scène municipale en suivant un homme, Gérald Tremblay, et en adhérant à son parti. «Je me donne un devoir de réflexion pour voir s’il y a toujours un avenir pour moi dans ce parti», a-t-il dit, indiquant qu’il compte en discuter avec les électeurs de son district avant de prendre une décision.
Pour le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, «la pression était rendue assez insoutenable avec les témoignages présentés à la commission Charbonneau», et le départ de M. Tremblay s’imposait. «Le maire devait le faire», a-t-il déclaré. «Il y a un bris de confiance.»
«À un moment donné, c’est l’intérêt des Montréalais qui doit primer», a indiqué M. Dorais.
«On a une lourde tâche, l’ensemble des élus montréalais, de regarder la situation à tête reposée», a-t-il dit. La chef de Vision Montréal, Louise Harel, a fait savoir que le parti ne souhaitait pas une élection anticipée. Il propose plutôt la formation d’un comité exécutif regroupant des membres des trois partis. «La position responsable de Vision Montréal est qu’il doit y avoir un exécutif de coalition parce qu’on doit représenter l’ensemble des Montréalais», a précisé Benoit Dorais.
Le Conseil municipal devra également choisir un maire intérimaire. Vision Montréal n’exclut pas la possibilité de présenter un candidat. Mais Louise Harel n’a pas l’intention d’être sur les rangs, a précisé M. Dorais, elle qui entend être candidate à la mairie lors de l’élection de novembre 2013. La personne qui sera choisie doit «être au-dessus de la mêlée», a insisté le maire – une personne qui «ne doit pas être occupée à se faire du capital politique». Alors qu’une crise secoue Montréal, ça prend «quelqu’un au-dessus de la mêlée pour faire le ménage, pour gérer le quotidien», a souligné M. Dorais.
La conseillère de Lachine, Jane Cowell-Poitras, agit pour le moment comme mairesse suppléante. Le Conseil municipal sera convoqué prochainement pour prendre acte de la démission du maire. À partir de ce moment, les élus auront 30 jours pour choisir un maire qui assurera l’intérim.