Ahuntsic-Cartierville
06:00 19 juin 2020 | mise à jour le: 18 juin 2020 à 15:36 temps de lecture: 4 minutes

Contamination des sources d’eau: responsabilité individuelle, un impact minime

Contamination des sources d’eau: responsabilité individuelle, un impact minime
Photo: Archives

Au Québec, juin est le mois de l’eau. L’édition de cette année propose toutes sortes d’activités en ligne qui invite les citoyens à passer à l’action pour préserver cet «or bleu». Toutefois, des experts prônent que les enjeux de la contamination des sources d’eau se jouent davantage au niveau des politiques publiques. 

Plusieurs organismes font la promotion des activités mises de l’avant lors du mois de l’eau. Celles-ci visent à faire connaître les enjeux et à promouvoir les bonnes pratiques de gestion de l’eau auprès de la population et des acteurs de l’eau. 

Par exemple, tout au long du mois, un jeu-questionnaire hebdomadaire sera mis en ligne sur la page Facebook du Comité du bassin versant de la rivière du Lièvre (COBALI) afin d’aborder de façon instructive des aspects de la protection et de l’utilisation durable de l’eau chez soi. 

Toutefois, la professeure titulaire au département de la sociologique et de l’institut des sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Louise Vandelac, croit qu’il faut surtout instaurer des règlements plus stricts.

«On insiste souvent beaucoup sur la responsabilité individuelle. Évidemment, il faut être attentif à cette responsabilité, mais les impacts majeurs sont liés à des enjeux au niveau des politiques publiques», souligne-t-elle.

La plus grande partie des sources de contamination de l’eau est de nature agricole et industrielle. Mme Vandelac nuance toutefois que nous sommes parmi les plus grands consommateurs d’eau au monde. «Plus on utilise l’eau, plus c’est demandant pour les infrastructures, indique-t-elle. C’est important de réduire cette consommation parce que c’est aussi une dépense énergétique.»

Déversements

La Fondation Rivières a effectué un bilan de trois ans d’études qui révèle que sept municipalités sur dix contaminent toujours les rivières de la province. En 2018, il y a eu plus de 53 000 surverses d’eaux usées dans les cours d’eau du territoire québécois.

La même année, 62 stations d’épuration ont dérivé plus de 21 millions de m³ d’eaux usées non traitées dans l’environnement, soit plus de 8000 piscines olympiques. C’est environ trois fois ce que Montréal avait déversé dans le fleuve en 2015 et qui avait été qualifié de «flushgate».

Le rapport relève aussi que le tiers des systèmes d’assainissements municipaux dépassent leur capacité de traitement. «Ces problèmes sont liés aux insuffisances de règles et de suivis dans le domaine, dénonce Mme Vandelac. Il faut avoir des politiques beaucoup plus exigeantes pour [protéger] ce qui constitue un joyau au Québec.»

D’ailleurs, depuis 2014 aucune sanction relative à la contamination de l’eau pour des rejets au-delà des normes n’a été donnée aux municipalités. La plupart des infractions soumises par le ministère de l’Environnement relèvent des délais administratifs.

Environnement

Le document de la Fondation Rivière mentionne que «les normes de rejets de contaminants dans l’environnement ne tiennent pas en compte l’évolution dans le temps de la capacité des milieux naturels à tolérer la pollution». C’est un élément majeur, selon Mme Vandelac. 

«Il ne s’agit pas seulement de tolérer la pollution, il faut avoir les meilleures pratiques en regard de ce qui se passe sur la scène internationale», prône l’experte. 

Si l’on regarde la région de Montréal, bon nombre de contaminants proviennent des régions agricoles voisines entre autres avec les pesticides et l’engrais utilisés, qui se retrouvent dans le fleuve Saint-Laurent. Il existe aussi une production importante de produits toxiques et la voie maritime contribue à l’érosion des berges.

Saviez-vous que

  • Le Canada dispose de la plus grande quantité d’eau douce renouvelable par habitant.
  • 10% est le pourcentage que l’on fait de l’utilisation de l’eau pour l’alimentation. Le reste est utilisé pour la toilette, la douche et le lavage.
  • Un Québécois consomme 424 litres d’eau dans une journée. L’équivalent de 5 piscines hors terre par année.

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