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Un sexagénaire cardiaque escalade le mont Washington

Gerardo Di Feo a réussi un exploit qu’il ne pensait pas possible. Avec moins de la moitié de sa capacité cardiaque, l’homme de 62 ans a escaladé le mont Washington, le plus haut sommet du nord-est des États-Unis.

« Nous ne réalisions pas l’ampleur du projet. Pour nous, ça nous semblait impossible. Mais ce n’est pas parce que j’ai eu un problème cardiaque que je dois limiter mes activités. C’est possible de faire la montée », indique le résident de Villeray, qui a parcouru la montagne avec quatre autres cardiaques.

En 2006, M. Di Feo a eu un infarctus sévère qui lui a fait perdre plus de 75 % de ses capacités cardiaques. Très affaibli, le sexagénaire se rappelle qu’il avait de la difficulté à faire un tour de piste en marchant.

« Maintenant, avec une meilleure alimentation, de bonnes habitudes de vie et de l’entraînement, j’ai réussi à atteindre 45 % de capacité cardiaque », explique-t-il fièrement.

Le défi

En 2013, un des membres du centre ÉPIC, où est suivi M. Di Feo, lance le projet d’escalader le mont Washington. Une idée qui a motivé le sexagénaire.

« Après mon infarctus, j’étais dépourvu, magané. C’était une idée géniale, selon moi. C’était un défi de groupe qui nous permettait de nous dépasser. »

Pendant 14 mois, M. Di Feo s’est entraîné dans le but de monter les 1916 mètres de la montagne.

« Au départ, j’étais un peu craintif. Mes enfants avaient des doutes sur ma santé et sur mes capacités à y arriver. J’ai eu de bons encouragements du Dr Juneau, mon médecin. Il m’a suivi pendant tout le processus. C’était rassurant. »

Il lui aura fallu six heures trente minutes pour franchir les centaines de mètres de surfaces rocailleuses. Un résultat qui l’a beaucoup ému.

« J’ai ressenti beaucoup d’émotion lorsque je suis arrivé au sommet. J’avais la larme à l’œil. C’est tout un accomplissement. Je suis parti de loin et j’ai réussi quelque chose d’impressionnant. Je suis content de l’avoir fait. »

Cette expérience a bouleversé le résident de Villeray qui a réalisé que même si son cœur ne fonctionne pas à son plein régime, il peut tout de même faire de grande chose.

« Ça confirme que toute personne, quand elle s’engage sérieusement, peut réaliser ses objectifs. Je me disais qu’avec un demi-cœur, je ne pourrais pas réussir, mais ce n’est pas le cas. Avec des efforts, j’y suis parvenu. »

M. Di Feo a eu la piqûre. Il pense déjà à d’autres défis qu’il pourrait se lancer.

« Pendant le parcours, tu es seul dans ta tête. C’est phénoménal. J’ai compris ce qu’était le chemin de Compostelle. Ce sera peut-être un de mes projets, car c’est très difficile d’arrêter. »

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