Villeray – Parc Ex – Petite-Patrie

Coupes à la CSDM : les élèves seront directement touchés

La Commission scolaire de Montréal se départira de plus de 80 membres de son personnel, allant du cuisinier à l’analyste, en passant par les techniciens en éducation spécialisée et les psychoéducateurs, au cours de la prochaine année.

Selon le plan de l’effectif 2014-2015 adopté par les commissaires, lors du dernier conseil, un total de 244,76 postes seront abolis contre 156,29 créés. Les emplois les plus touchés par les coupes sont les conseillers pédagogiques (14,80 postes abolis contre 1 créé) et les secrétaires (30,87 contre 13,84).

« En 2009, nous avons fait des audiences devant la CSDM pour démontrer l’importance des animateurs à la vie spirituelle et à l’engagement. Elle s’était engagée à augmenter son nombre d’employés. Avec les dernières coupes, nous voyons un grand recul, car nous en avons moins qu’en 2009 », indique Michel Mayrand, président du syndicat des professionnels et professionnelles du milieu de l’éducation de Montréal (SPPMEM).

Ces changements auront un impact direct sur la clientèle des écoles de la CSDM, affirme M. Mayrand.

« Il faut arrêter de dire que ces coupes n’affecteront pas les services offerts aux élèves. C’est faux, soutient le président. Ils ne mettent pas à la porte des employés qui se tournaient les pouces à longueur de journée dans leur bureau. Tous nos membres travaillent fort et ont le bien-être ainsi que la réussite des jeunes à cœur. C’est désolant.

« Dans le cas d’un psychoéducateur, par exemple, il devra peut-être espacer ses visites ou même cesser le suivi de ses élèves, car il n’aura tout simplement plus le temps de s’occuper d’eux », illustre-t-il.

En plus de nuire à l’éducation et aux apprentissages des écoliers, le nouveau plan de l’effectif serait un obstacle à la persévérance scolaire.

« Il y aura moins de services. Je ne suis pas en mesure de dire s’il y aura une corrélation directe avec le décrochage, mais il est certain que ces mesures n’aident en rien les élèves à se sentir bien dans leur école », laisse-t-il savoir.

À qui le blâme

Selon M. Mayrand, le blâme ne doit pas revenir qu’à la CSDM, en ce qui a trait à la coupe de personnel. Une grande part de la responsabilité incombe au gouvernement provincial qui exige une baisse des dépenses.

« La CSDM est tributaire des décisions de Québec. Les politiciens ont demandé de couper dans les salaires et c’est ce que la Commission a fait. Ce n’est pas correct qu’ils nous affament comme cela », fait valoir le président de la SPPMEM.

Il n’y a pas de solutions miracles qui satisferaient tous les partis, mentionne le président. Néanmoins, il propose de trouver d’autres sources de revenus, plutôt que de toujours opter pour l’abolition de postes.

« Le gouvernement se prive d’aller chercher de l’argent par la taxation sur des hauts salariés ou même dans les paradis fiscaux. Le financement est là pour payer nos services publics. Nous sommes à l’air des coupes et de la restructuration », déplore M. Mayrand.

Le SPPMEM continuera de se battre contre les réductions de personnel, mais aussi pour maintenir des services de qualité aux élèves. Néanmoins, le président se dit pessimiste concernant l’avenir.

« La CSDM annonce une augmentation de la clientèle, surtout chez les élèves handicapés avec difficultés d’adaptation ou d’apprentissage. Les besoins sont grandissants, mais il y a moins de services. Nous avons eu des coupes au cours de la dernière année et ça semble vouloir se poursuivre au cours de la prochaine. Le futur est sombre en l’éducation », mentionne-t-il.

Le Progrès Villeray – Parc-Extension a joint la CSDM qui a refusé de répondre à nos questions.

Entendu au conseil des commissaires

Lors du conseil des commissaires de la CSDM du 21 mai dernier, de nombreux employés du milieu de l’éducation sont venus s��opposer au plan de l’effectif 2014-2015. Voici quelques commentaires entendus pendant la séance.

« Lorsque vous coupez les conseillers pédagogiques au secondaire, vous coupez le soutien aux enseignants et vous mettez en péril les objectifs que vous vous êtes fixés dans le plan Réussir de la CSDM, dont vous étiez si fier. Notamment d’augmenter le taux de diplomation chez les garçons du secondaire. Ces coupes n’aideront en rien la hausse de leur taux de diplomation ni de leur persévérance scolaire », affirme Sophie Montgrain, conseillère pédagogique mise à pied à la Lancée et à Accès-Est.

« Avec les coupes de 4,2 postes d’animateur à la vie spirituelle et à l’engagement communautaire (AVSEC), ce sont 19 écoles primaires, quatre secondaires et 7500 élèves qui sont privés de ce service. Comment les directions d’écoles vont-elles alors pouvoir respecter l’article 6 de la loi sur l’instruction publique qui dit que l’élève a droit à des services complémentaires d’animation spirituelle et d’engagement communautaire », demande Dominique Denis, AVSEC dans huit écoles primaires de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve.

« Nous sommes les seuls conseillers pédagogiques en adaptation scolaire à gérer et manipuler autant de dossiers d’élèves. Avec le plan de l’effectif tel que présenté, comment peut-on assurer le développement de l’expertise en lien avec les différentes clientèles, telles que les dyslexiques, les écoliers atteints de troubles de langages ou de comportement, etc. et assurer un service de qualité pour les élèves les plus vulnérables », questionne Céline Labonté, représentante des conseillers pédagogiques en adaptation scolaire.

« Dans notre école, le service de psychoéducation a été coupé du tiers, cette année. Dans quoi allons-nous couper? Dans le travail avec les parents, dans les suivis individuels et le support aux professeurs, dans nos partenariats avec les centres de santé et de services sociaux, dans les moyens pour augmenter la motivation scolaire chez les jeunes? Qu’est-ce qui est le moins important dans le travail que l’on fait et où l’on pourrait couper », s’interroge Catherine Caron, psychoéducatrice de l’école Barthélemy-Vimont

Articles récents du même sujet