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Le SEP menacé

Le service d’entraide Passerelle (SEP) vit une situation critique. Après le retrait de son principal bailleur de fonds, l’organisme doit absolument trouver de nouvelles sources de financement pour rester en vie.

Centraide a annoncé une baisse de 30 % de sa subvention au SEP, pour l’année en cours. En 2015, l’aide financière sera entièrement coupée.

« Centraide représente 70 % de nos revenus. C’est énorme », soutient la directrice générale du SEP, Marie Josèphe Pigeon.

Ayant amassé moins d’argent lors de sa grande campagne de financement, Centraide a dû faire des choix, souligne Mme Pigeon.

« Ils nous ont dit que nous n’avions pas renouvelé notre mission et que nous vivions une baisse de services. C’est pourquoi il nous coupait. Nous avons pourtant changé notre mission, notre logo et notre nom en 2005, mais il semblerait que ce n’était pas assez.

« Pourtant, les besoins sont encore là. Nous sommes un organisme régional qui dessert Montréal, mais aussi la Rive-Sud et la Rive-Nord. Nous avons des appels de Trois-Rivières, Gatineau et même de Rivière-du-Loup. Nous sommes le seul organisme spécialisé pour femmes en situation de rupture au Québec. »

L’organisme existe depuis 43 ans. Devant ces coupes, l’organisme a dû se départir de plus des deux tiers de ses employés.

« Il ne reste que moi. Une subvention d’un autre bailleur de fonds nous a permis d’engager deux agentes mobilisatrices à temps partiel, mais elles totalisent 21 heures seulement par semaine. Nous avons dû couper dans nos services. Par exemple, nous ne pouvons plus offrir des rencontres individuelles ou de l’écoute téléphonique prolongée. »

En plus de revoir leur façon de faire, l’organisme a aussi dû déménager.

« Ça faisait 25 ans que nous étions à la même adresse. Afin de rester en vie, nous devons diminuer nos coûts, d’où le déménagement. Nous passons d’un bureau de 1090 pieds carrés à 110 pieds carrés. »

Devant ses nombreux coups durs, la directrice refuse d’envisager la fin du SEP.

« La fermeture n’est pas envisageable. Les femmes vivent toujours les ruptures comme dans les années 1970. Elles doivent quitter le foyer, trouver un emploi, refaire leur crédit bancaire, etc. Il y a des organismes présents pour les familles, mais seulement nous touchons aux femmes exclusivement. Nous avons encore notre nécessité », affirme-t-elle.

En plus de réduire ses dépenses au maximum, l’organisme devra aussi trouver de nouvelles sources de financement.

« Mon défi est que nous restions ouverts. Nous n’avons pas attendu Centraide pour exister dans les années 1970. Nous n’avions pas de subvention de 1971 à 1978. C’était que du travail bénévole. Cependant, il ne faut pas seulement survivre, il faut aussi se développer. D’où la nécessité de revenus », conclut-elle.

Le SEP est déménagé au 660, rue Villeray. Le numéro de téléphone et l’adresse courriel sont toujours les mêmes, soit le 514 277-9870 et info@entraidepasserelle.org.

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