Des jardins signés Villeray
« C’est Richard Boudreau qui en a eu l’idée. C’est un passionné d’agriculture urbaine, plus précisément de permaculture. Il a lancé l’idée sur son réseau et depuis le mois de janvier, on est plusieurs à se réunir pour créer le projet », explique Krystel Morin, photographe et membre depuis le début.
Sur trois avancées de trottoir, les organisateurs ont créé trois espaces verts d’environ 10 pieds par 25 pieds. Un jardin d’enfants a d’ailleurs été planté par des jeunes du secteur.
« Il était important pour nous de faire participer des enfants du quartier. Ceux du centre de la petite enfance Graffiti sont venus une journée avec nous pour planter des fleurs. Ils ont bien aimé et nous aussi », indique Eileen Finn, résidente et architecte paysagiste.
D’ailleurs, les récoltes ne seront pas uniquement réservées aux participants au jardin. Tout le monde pourra y cueillir une tomate ou quelques fines herbes pour agrémenter leur repas.
« C’est une cueillette libre. Ce n’est pas pour une récolte personnelle. L’intérêt, c’est que c’est pour tous. Ça permet aussi de sensibiliser les passants au projet », ajoute une des membres.
Ce projet autofinancé a bénéficié grandement de la générosité de citoyens, laisse savoir Mme Morin.
« Le jardin a coûté 1300 $ et nous sommes dans le trou d’environ 400 $. Nous avons ramassé des fonds par la vente de semis, mais nous allons organiser d’autres activités de financement au cours de l’été.
« De nombreux résidents sont venus nous donner des semis ou des plantes. Il y a même un homme qui nous a donné ses plants de tomates et un autre nous a laissé du matériel, un soir. Le cégep Saint-Laurent nous a aussi offert des semis », raconte-t-elle.
Fort engouement
Ce projet, qui a commencé avec une dizaine de citoyens, compte aujourd’hui plus de 150 membres sur sa page Facebook. Une réaction qui a beaucoup surpris les agriculteurs en herbe.
« L’accueil est débile. Les passants nous encouragent à continuer, ils se proposent de venir arroser le jardin ou ils s’informent sur le projet. C’est chouette. Ça rend les lieux encore plus conviviaux », soutient Mme Morin.
« En plus d’offrir de la nourriture, nous voulions aussi créer des liens entre les citoyens du secteur. C’était l’un de nos buts », ajoute Richard Archambault, horticulteur du projet.
Même l’administration locale a été surprise par l’ampleur du jardin.
« Nous avons rencontré le directeur des travaux publics et nous lui avons présenté l’idée. Il nous a édicté les conditions, notamment sur la hauteur des structures ainsi que des plantes, et nous a donné son accord. Il ne s’attendait pas que ça devienne aussi gros », laisse savoir Mme Morin.
D’ailleurs, lors du conseil d’arrondissement, la mairesse Anie Samson a qualifié l’initiative de projet-pilote.
« Pour nous à l’arrondissement, c’est emballant. Je le trouve génial. Néanmoins, l’information que nous avions était que c’était que de la plantation. Il n’était pas question de constructions physiques. Il y a des façons de faire à la Ville. Nous allons nous asseoir avec les membres pour certifier que tout reste sécuritaire et respecte les règlements. Nous voulons nous assurer d’une norme acceptable. Nous allons nous impliquer dans le projet afin de le rendre intéressant pour tout le monde et hors de toute problématique. Nous voulons qu’il puisse revenir l’année prochaine », affirme la mairesse.
L’aménagement comestible en permaculture urbaine dans Villeray sera inauguré officiellement le 24 juin.