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Bras de fer entre l'arrondissement et le CP

Sciant en deux les quartiers Villeray et Parc-Extension, le chemin de fer du Canadien Pacifique pourrait s’ouvrir près de la station de métro Parc pour permettre le prolongement de la rue Ogilvy, qui rejoindrait la rue De Castelnau.  Mais avant la première pelletée de terre, les élus montréalais portent leur cause à l’Office de transport Canada.

Le 28 février, cinq arrondissements et la Ville de Montréal se sont présentés devant l’Office de transport Canada pour régler un litige avec la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique (CP). Tous souhaitent la création de passages à niveau dans leur secteur, mais le CP s’y oppose. Le prolongement de la rue Ogilvy permettrait de désenclaver le quartier Parc-Extension. Les  citoyens n’auraient plus à faire de détour pour avoir accès au parc Jarry ou aux transports en commun. 

«On ne peut pas approuver la construction d’un passage à niveau sur Ogilvy pour des raisons opérationnelles et de sécurité publique, a expliqué Breanne Feigel, porte-parole pour le CP. Ça n’a pas de bon sens d’avoir un passage à niveau-là, ce n’est pas l’option la plus sécuritaire.»

Or, il y a une station du train de banlieue de l’AMT à cet endroit. Anie Samson, maire de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, se demande donc de quel danger le CP parle: «Les passagers doivent passer sur la voie ferrée pour acheter leur billet. Pourquoi c’est correct pour eux, mais que pour monsieur et madame tout-le-monde, ce serait dangereux?» s’interroge-t-elle.

Au même moment, un citoyen se faufile entre les clôtures. S’il se fait prendre, il doit payer 75$.

Une question de coût?

«On aurait aimé explorer d’autres propositions avec la Ville, mais elle a décliné», déclare la porte-parole du CP. Mme Samson parle plutôt d’une fermeture complète du CP. «C’était une fin de non-recevoir pour tous les fonctionnaires. Que le CP m’appelle s’il veut parler. Ça va me faire plaisir!», lance Mme Samson, qui met la compagnie au défi de donner les noms des fonctionnaires qui n’ont pas collaboré.

Le CP préférerait un passage à niveau en hauteur. Cette proposition n’est pas satisfaisante pour l’arrondissement. Alors qu’une passerelle engendrerait des dépenses de plusieurs millions de dollars, estime Mme Samson, un passage à niveau «ne coûterait même pas 500 000$». De plus, un passage à niveau serait accessible aux piétons, aux vélos et aux voitures, ce qu’une passerelle ne permet pas.

Avec le Plan de développement urbain économique et social (PDUES) sur le point d’être approuvé, Mme Samson ne veut pas rater cette opportunité de développement. «Il y a dix ans, le passage à niveau n’aurait pas été possible. Maintenant tout est enligné», explique le maire. Selon elle, 4000 emplois devraient être créés dans le secteur durant les cinq prochaines années.

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