Une première ruelle verte pour Villeray
«Pour les enfants, c’est un espace humain et non pas un espace vide goudronné», se réjouit Marie-Ève Rabbath, mère de deux enfants qui s’est engagée dans le projet dès les premières heures.
«J’ai même des fraises pour les enfants qui devraient pousser cet été, dit Isabelle Desrochers, sa voisine. Quoique ces temps-ci, c’est plutôt pour les écureuils!» Arrivée vers la fin du projet, elle s’est fait offrir un arbre. Enthousiaste, elle en a pris deux et sa cour arrière comprend aussi deux vignes.
Leur voisin Normand Ranger explique ce qui l’a motivé à prendre part à un tel projet: «Je voulais rendre la ruelle plus agréable, combattre les îlots de chaleur avec des arbres et de la verdure.» Mme Desrochers qui a déménagé enceinte se réjouit d’avoir une cour où peuvent s’amuser ses bambins.
Mme Rabbath raconte qu’elle a voulu une ruelle verte pour la qualité de vie qu’un tel projet apporte, mais aussi à cause de ce qu’elle avait vu en voyageant. «Il y a plusieurs grandes villes où il y a beaucoup plus d’intégration de la nature. Les gens sont plus détendus. La qualité de vie augmente.»
Le projet n’a pas fini de faire des petits. «Plusieurs voisins n’étaient pas intéressés. Mais là, ils changent d’idée en voyant le résultat. On pourrait lancer une deuxième étape avec eux.»
Mon voisin, mon ami
Le long processus de trois ans qui a été nécessaire pour la mise sur pied de la ruelle a eu un effet secondaire sur les résidents du quadrilatère formé des rues Drolet, Henri-Julien, De Liège et du boulevard Crémazie: l’amitié. Ils ont même un nom: les voisins verts Villeray.
«Au niveau visuel, on ne voit pas encore la différence, mais dans la vie, la ruelle est une microsociété: tout le monde se connaît. Il y a une vie, une solidarité. C’est une prise en charge collective», croit Isabelle Desrochers.
Avec plusieurs jeunes familles, la dynamique sociale est très particulière, croit-elle. Le bon voisinage a donné envie aux citoyens de faire davantage d’activités ensemble. «On étend un drap sur une corde à linge, tout le monde amène un plat et on projette des films», raconte Mme Desrochers. Les tout-petits qui grandiront dans la ruelle ont rendez-vous chaque semaine pour la lecture d’un conte raconté par la voix d’un voisin bienveillant.
«En faisant une ruelle verte, ça nous fait faire un projet collectif: les gens ont appris à se connaître. Ils font des barbecues et s’approprient leur environnement. On est en sécurité. Nous ne sommes plus entourés d’inconnus; nous sommes avec des amis», conclut Mme Rabbath.