Malgré sa médaille, Feyisa Lilesa ne retournera peut-être jamais dans son pays
Le marathonien éthiopien Feyisa Lilesa a profité de sa conquête de l’argent, dimanche aux Jeux de Rio, pour dénoncer le gouvernement de son pays et la féroce répression qu’il mène contre le peuple oromo. Ce peuple, avec 35 millions de personnes – soit 37% de la population éthiopienne – forme le plus grand groupe ethnique du pays.
M. Lilesa a en effet croisé les bras au-dessus de la tête, un geste utilisé par les Oromos d’Éthiopie pour dénoncer l’oppression dont ils sont victimes. «Le gouvernement éthiopien tue mes semblables», a plus tard affirmé l’athlète, ajoutant qu’il craignait, désormais, pour sa propre vie. «Si le gouvernement ne me tue pas, il me mettra en prison. Je n’ai pas encore décidé, mais je vais peut-être déménager dans un autre pays».
Selon l’Associated Press, la télé nationale éthiopienne n’a pas diffusé le geste de Lilesa, se contentant de montrer la victoire du Kenyan Eliud Kipchoge.