Un camion fonce sur un marché de Noël à Berlin: au moins douze morts
Un camion a foncé sur une foule rassemblée pour un marché de Noël à Berlin et a fauché des dizaines de personnes, faisant au moins douze morts lundi soir. Un homme a été arrêté près des lieux.
L’incident est survenu à la Breitscheidplatz, tout près de l’Église du Souvenir de Berlin, alors que le poids lourd a emprunté une voie piétonne. La police de Berlin a confirmé qu’il y avait au moins douze décès et que 48 personnes, dont certaines gravement blessées, avaient été transportées à l’hôpital.
Les forces de l’ordre ont confirmé avoir interpellé une personne en lien avec les événements, et tentent de confirmer s’il s’agit bien du conducteur.
Un autre passager, de nationalité polonaise, a été retrouvé mort dans l’habitacle du véhicule. Le camion était immatriculé en Pologne. Le propriétaire de la compagnie à qui appartenait le camion, Ariel Żurawski, a dit à la chaîne de télévision polonaise TVN24 que l’homme qui effectuait une livraison avec ce véhicule lundi était son cousin. Il a affirmé que ce n’est pas lui qui a foncé sur la foule. M. Żurawski a ajouté que la femme du conducteur n’avait pas eu de ses nouvelles depuis la fin de l’après-midi. En dernier lieu, il aurait mentionné avoir amené son chargement à bon port. La police a dit soupçonner que le camion a été volé en Pologne sur un site de construction.
Les forces policières ont évoqué l’hypothèse d’un attentat, mais a indiqué ne pas avoir de confirmation pour l’instant. «Les raisons sont toujours inconnues, a spécifié la police berlinoise sur Twitter. L’unité judiciaire a pris l’enquête en main.» Toutefois, plusieurs témoins ont relaté que le geste avait l’air délibéré et que les phares du poids lourd étaient éteints.
Le ministre de l’Intérieur allemand, Thomas De Maizière, a également mentionné avoir «beaucoup de raisons» de croire qu’il s’agit d’un attentat, sans toutefois le confirmer. «Je ne veux pas pour le moment parler d’attentat même si beaucoup de raisons poussent à le faire», a-t-il déclaré en direct à la télévision nationale ZDF. M. De Maizière n’a pas non plus voulu faire de lien avec des groupes terroristes islamiques, expliquant qu’il était encore trop tôt dans l’enquête.
Le maire de Berlin, Michael Müller, a quant à lui, dit détenir «des informations depuis les derniers jours et dernières semaines» à propos d’une possible attaque terroriste. «C’est une situation dramatique et mes pensées vont aux familles de victimes», a-t-il déclaré en point de presse, sans vouloir s’avancer sur un bilan.
Le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas, a confirmé sur Twitter que le Procureur général fédéral (Generalbundesanwalt) avait pris en charge le dossier. Cet organe est chargé des enquêtes en lien avec le terrorisme.
La Chancelière allemande, Angela Merkel a dit «pleurer les personnes décédées et espérer que les blessés obtiennent l’aide dont ils ont besoin», a-t-elle fait savoir via son porte-parole Steffen Steibert.
«C’est une mauvaise soirée pour Berlin et notre pays. Je suis en pensée avec les victimes et leurs proches», a résumé le président fédéral allemand, Joachim Gauck, qui a précisé qu’on ne savait toujours pas s’il s’agissait d’une attaque ou d’un accident.
Le maire de Montréal, Denis Coderre, a offert ses sympathies aux Berlinois et à leur maire Michael Müller. «Nous dénonçons ce geste barbare au marché de Noël», a-t-il écrit en allemand sur Twitter. Symboliquement, les lumières de l’hôtel de ville ont été éteintes en soirée.
M. Coderre a également souligné l’importance pour les villes d’avoir une stratégie de prévention et un plan de résilience face aux attentats. «On voit que les techniques changent. Au même titre qu’on l’a vécu à Nice, c’est maintenant les camions qui foncent. Il faut s’assurer de couvrir l’ensemble des angles pour protéger la population. C’est un travail de tout instant», a-t-il indiqué aux médias.
À la suite de ces événements, la ministre de l’Intérieur de la France, Bruno Le Roux, a annoncé que la sécurité dans les marchés de Noël serait renforcée «immédiatement».
La Maison-Blanche, de son côté, a condamné «ce qui semble être un acte terroriste».









