Le New York Times publie un éditorial sur l’attentat de Québec
L’équipe éditoriale du New York Times a souligné, mercredi, la réaction du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, dans un éditorial consacré à l’attentat commis dans une mosquée à Québec dimanche soir, tuant six personnes et en blessant plusieurs.
Dans ce texte, intitulé «Quebec’s Response to Hate: More Tolerance» («La réponse du Québec à la haine: davantage de tolérance»), le journal américain reprend certaines paroles de Philippe Couillard pour le bénéfice de ses lecteurs. «Toutes les sociétés ont à gérer certains démons. Notre société n’est pas parfaite. Aucune ne l’est. Ces démons portent le nom xénophobie, racisme, exclusion. Ils sont présents ici. Nous devons le reconnaître et agir ensemble pour montrer la direction dans laquelle nous voulons que notre société évolue», a dit le premier ministre du Québec.
L’éditorial, qui est accompagné d’une photo où on voit le Cardinal Gérald Cyprien Lacroix et Boufeldja Benabdallah, co-fondateur du Centre culturel islamique de Quebec, s’enlacer pendant la messe dédiée aux victimes de l’attentat, met en lumière les réactions qui ont eu lieu partout au pays: des centaines de personnes se sont rassemblées dans des vigiles. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s’est déplacé à celle de Québec lundi. Celui-ci s’était adressé plus tôt au parlement, à Ottawa, au million de musulmans vivant au pays: «Trente-six millions de coeurs se sont brisés avec les vôtres. Sachez que nous vous apprécions». Le Canada a d’ailleurs accueilli près de 40 000 réfugiés syriens depuis l’arrivée en poste de M. Trudeau, observe le quotidien, et la tolérance est une valeur chère à l’identité canadienne.
Le contraste est triste et grand avec ce qui se passe actuellement aux États-Unis, rappelle le New York Times, alors que cette tragédie a été utilisée à la Maison-Blanche pour justifier les politiques anti-immigration de Donald Trump. «La logique, ou l’illogisme, étant que si les musulmans avaient été gardés à l’extérieur du pays, ils n’auraient pas été tués», affirme l’équipe éditoriale du New York Times.
«Le Canada n’est pas parfait, commente le journal à la fin du texte. Il a ses démons, comme M. Couillard l’a souligné. Mais la réponse d’une société démocratique doit être de réaffirmer son désir fondamental de liberté, ce qui inclut la liberté de pratiquer sa culture et sa religion. Au Québec, les démons ont eu de terribles conséquences, mais l’engagement du pays à l’égard de l’inclusion a été renforcé».