Sondage: les Américains appuient la mondialisation
WASHINGTON — Un important sondage mené aux États-Unis semble confirmer que malgré ce qu’en pense le président Donald Trump, le libre-échange jouit d’un très fort soutien parmi les Américains.
La vaste enquête triennale de l’institut de recherche Pew, dont les résultats ont été publiés mardi, suggère que les Américains ne sont pas prêts à revenir en arrière au chapitre de la mondialisation économique. Ils souhaitent toutefois la mise en place de politiques publiques qui aideront les travailleurs américains à affronter la concurrence étrangère.
Cet important sondage constitue une radiographie de l’«Américain en 2017», alors que le président Donald Trump menace de déchirer les ententes commerciales internationales — dont l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), en vigueur depuis 23 ans.
Le Pew Research Center a sondé le coeur de 5000 Américains sur une variété de sujets. Les opinions varient bien sûr énormément selon la position de chacun sur l’échiquier politique. Mais une rare unanimité semble se dégager sur la nécessité de sauvegarder le commerce mondial.
Lorsqu’on leur demande de choisir entre la rhétorique protectionniste du président Trump — «les États-Unis d’abord» — et un système où les travailleurs américains seraient mieux formés pour affronter la concurrence étrangère, il n’y a plus de fracture gauche-droite: 81 pour cent des répondants choisissent la deuxième option. Même au sein du sous-groupe qui voterait naturellement pour M. Trump — les «conservateurs protectionnistes» —, l’option «mondialisation bien outillée» recueille 62 pour cent des appuis des répondants.
De même, moins du tiers des répondants croient que la participation des États-Unis à la mondialisation contribue à une baisse des salaires et à des pertes d’emplois dans ce pays. À l’opposé, 65 pour cent des répondants estiment que la mondialisation offre aux Américains de nouveaux marchés et des possibilités de croissance.
Sur cette question, toutefois, les «sympathisants naturels» de Donald Trump diffèrent d’opinion: ils sont 45 pour cent à qualifier la mondialisation de néfaste pour les États-Unis.