Soutenez

Le RDC fragilise la région des Grands Lacs

Les combats qui ont repris en avril dans le Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, ont forcé plus de 200 000 civils à reprendre le chemin de l’errance ces derniers jours. Au moins 20 000 personnes se sont réfugiées au Rwanda et en Ouganda, parties prenantes de la crise congolaise qui perdure depuis la fin des années 1990.

La guerre contre les mutins du M23, l’ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), a pris une nouvelle dimension ce jeudi avec l’entrée en scène des soldats de la Mission de l’ONU en RDC aux côtés des forces loyalistes. Des explosions sont enregistrées à Nkokwe et sur la colline de Bukima se trouvant à environ 50 km au nord de la capitale du Nord-Kivu.

Nkokwe et la colline de Bukima servent de chateaux forts aux mutins, parcequ’ils sont situés à la frontière du Rwanda et de l’Ouganda, qui leur servent de bases de repli et qui leur a permis de tenir contre les bombardements à répétition des FARDC et de la Monusco.

La tension est montée d’un cran la fin de semaine dernière entre le RDC et ses voisins, après que le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, ait ouvertement accusé le Rwanda de soutenir la rébellion. Plusieurs rapports de l’ONU et d’ONG ont dénoncé cette complicité des autorités rwandaises avec le M23.

Le président Kabila a été plus tempéré dans son dernier discours à la télévision, où il a tout simplement accusé «des inciviques manipulés par des forces obscures nationales et étrangères qui ont plongé une fois de plus la province du Nord-Kivu dans le sang forçant de nouveau des milliers de concitoyens à l’errance en les replongeant dans la précarité», sans jamais citer le Rwanda.

Soulignons que le complexe jeu d’alliances ne profite pas seulement à la rébellion soutenue par l’Ouganda, le Burundi et le Rwanda, le gouvernement de Joseph Kabila bénéficie également de l’appui militaire du Zimbabwe, de l’Angola, du Tchad et de la Namibie.

Cette situation qui redémarre loin des caméras est un recul considérable, car depuis 2006 on avait l’impression qu’une nouvelle dynamique de coopération, mais aussi de dialogue s’était installée autour du fameux Pacte pour la paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.