Soutenez

Les États-Unis envisagent une intervention unilatérale en Syrie

Alors que la chute de Bachar el-Assad devient de plus en plus imminente, la manière de s’y prendre parait de moins en moins évidente après l’échec du vote de l’embargo contre le régime au Conseil de sécurité de l’ONU. Désormais toutes les options sont possibles, y compris une intervention unilatérale des États-Unis, comme l’a laissé entendre le Département d’État.

En ce moment, les États-Unis craignent surtout qu’en désespoir de cause, le régime syrien envisage l’utilisation de ses armes chimiques contre les rebelles et ses propres civils pour tenter de mater la rébellion. Mais ils savent que c’est une option que le gouvernement d’Assad ne saurait envisager, car s’il en venait là, c’est clair que plus personne ne pourrait se porter à sa défense.

La Russie et la Chine qui jusque-là se sont opposées à l’imposition par les Nations Unies de sanctions plus sévères contre la Syrie ne pourraient plus continuer dans la même veine. Même l’Iran ne saurait appuyer l’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien pour rester en selle.

Les américains disent craindre également que ces armes ne tombent aux mains de groupes terroristes dans la région, notamment al Qaida, dans le chaos qui pourrait entourer la chute du régime.

Dernière inquiétude, et pas des moindres, des États-Unis qui pensent au sort de la minorité Alawite, dont Assad s’est fait le défenseur. Advenant la chute du Président, ils pourraient subir les représailles des rebelles pour leur loyauté envers le pouvoir.

L’échec du vote de jeudi ne fait que confirmer le cul-de-sac au Conseil de sécurité. En fin de semaine dernière, Thomas Donilon, le conseiller à la sécurité nationale du président Obama, était en Israël pour discuter du problème Syrien. Mercredi, des hauts gradés du Pentagone discutaient avec leurs homologues de l’armée israélienne de la possibilité d’une attaque aérienne par les forces israéliennes pour détruire les installations d’armes syriennes.

On le sait depuis le début de la crise, l’administration Obama a dû défendre sa décision de ne pas s’impliquer directement dans le conflit en Syrie comme il l’avait fait pour la Libye. Si le gouvernement d’Assad tombe aux mains des rebelles sans l’intervention directe des forces américaines, la stratégie d’Obama de non-ingérence s’en trouverait justifiée. Il faut cependant réussir à contrôler à distance les modalités de cette chute afin de s’assurer qu’elle ne dégénère pas en bain de sang. Et… on en n’est pas loin.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.