Moon s'illustre dans sa négociation avec le Nord
SÉOUL, Corée, République de — Pour ses partisans, le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, est un maître de la négociation qui su effacer des décennies de mauvaise diplomatie nucléaire avec la Corée du Nord. Pour ses détracteurs, il est en proie à tomber dans le même vieux piège que ses prédécesseurs, mais cette fois les enjeux sont beaucoup plus grands.
Peu importe qui a raison, il est difficile de nier le rôle de Moon Jae-in en tant qu’architecte derrière la nouvelle tentative de la communauté internationale visant à mettre fin à la confrontation nucléaire avec le Nord.
Le résultat de ces efforts pourrait se jouer lors d’un sommet à Singapour, le mois prochain, entre le leader nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump qui a laissé planer une menace militaire contre la Corée du Nord pendant des mois avant d’être convié à la table de discussion par Moon Jae-in.
Décrit comme un libéral au discours posé, Moon Jae-In a accueilli son voisin Kim Jong Un pour une rencontre tenue le mois dernier.
Les deux dirigeants ennemis ont même traversé symboliquement, main dans la main, la frontière entre les deux Corée en promettant une «dénucléarisation complète» de la péninsule coréenne. Une promesse ambitieuse accompagnée de très peu de détails.
Le président Moon n’a pas le pouvoir de résoudre seul la crise sur l’arsenal militaire nord-coréen. Son acharnement à rapprocher les parties américaine et nord-coréenne par des aller-retours entre Washington et Pyongyang, l’organisation d’un sommet Trump-Kim et sa volonté de promouvoir d’autres sommets avec Pyongyang, Moon Jae-In remplit entièrement sa promesse de reprendre les commandes de la diplomatie avec le Nord.
«La Corée du Sud n’a jamais eu un leader comme Moon Jae-In qui prend à bras-le-corps son rôle de coordonnateur d’une stratégie internationale face au Nord», a commenté Hong Min, analyste senior à l’Institut pour l’unification nationale à Séoul en Corée du Sud.
«Il a fait en sorte de convaincre Washington que Pyongyang changerait de discours au terme d’un an d’acrobaties politiques. Il a en même temps convaincu Pyongyang qu’il serait capable de faire fléchir Washington», a ajouté Hong Min.
Malgré les risques, l’initiative de Moon Jae-In a reçu un large appui populaire. Selon un sondage Gallup mené en Corée la semaine dernière, le taux de satisfaction envers le président s’élève à 83 pour cent.