Quand réinventer les affaires est bon pour les gens… et pour les affaires
Ce qu’on appelle «l’investissement orienté impact», ou investissement social, s’affirme comme une solution privilégiée au croisement des secteurs de la philanthropie et des affaires. Cela est formidable, car les nouvelles entreprises qui placent réellement au cœur de leur mission les gens et la planète joueront à l’avenir un rôle important en réinventant le monde dans lequel nous vivons. Des compagnies comme TOMS prouvent qu’on peut améliorer le sort des gens tout en faisant des profits.
D’autres, comme la Banque Grameen et Medicines360, proposent des solutions d’entreprise sociale novatrices qui préconisent le réinvestissement des bénéfices dans la résolution de problèmes sociaux. Tous ces efforts répondent à une conviction de plus en plus répandue voulant que le monde des affaires puisse et doive être une force de changement positif. Je vous invite à consulter le site virginunite.com afin de découvrir des centaines d’entreprises ayant embrassé ce modèle hybride afin de réinventer la façon de faire des affaires.
Avec l’engouement que suscite l’investissement social, les investisseurs ont tendance à chercher le «Saint- Graal» parmi les nouvelles entreprises qui font bouger les choses socialement tout en réalisant des profits. Bien qu’il y ait là d’intéressants investissements à réaliser, cet intérêt très ciblé fait en sorte qu’ils ratent souvent des occasions plus importantes de transformer des entreprises traditionnelles pour intégrer à leur mission le souci des gens et de la planète.
La bonne nouvelle est que cette approche est bonne pour les affaires. Alors que les médias sociaux placent de plus en plus le pouvoir entre les mains des citoyens, les marques ne sont désormais plus la possession d’équipes de marketing opérant dans leur tour d’ivoire, mais celle des gens de la rue, qui s’attendent à ce que les entreprises jouent un rôle positif en se préoccupant des communautés et de l’environnement. Une étude réalisée par Edelman conclut qu’en 2012, 76 % des gens jugent qu’il est souhaitable pour les entreprises de changer les choses pour le mieux tout en faisant des profits. Ils étaient 57 % à avoir la même opinion en 2008.
Tout le monde peut jouer un rôle en amenant les entreprises existantes à adopter cette nouvelle façon d’opérer. Pour ce faire, les gens peuvent se servir de leur pouvoir d’achat, les actionnaires peuvent demander une révision des règles sur la façon de mesurer la réussite et les compagnies peuvent revoir leur propre structure afin de placer au cœur même de leur fonctionnement le souci des gens et de la planète.
Il existe des exemples extraordinaires de compagnies qui se transforment de cette façon, comme Interface Carpets aux États-Unis et Marks & Spencer (M&S) au Royaume-Uni. Ces deux entreprises ont fait la preuve qu’une telle métamorphose est également bonne pour leur bilan, puisque M&S affiche un bénéfice net estimé à 350 M$ depuis 2007, année du lancement de son Plan A.
Devant l’ampleur des enjeux auxquels nous faisons face dans le monde, il n’existe pas de solution miracle. Ce qui est clair, toutefois, c’est que le monde des affaires est une partie importante du problème et qu’il doit désormais être une partie importante de la solution. Nous avons besoin de la contribution de tous afin de favoriser à la fois l’émergence de nouveaux investissements de qualité et la transformation des entreprises existantes.
C’est une des raisons pour lesquelles nous mettons sur pied la B-Team, avec la collaboration de Richard Branson et de Jochen Zeitz (directeur du développement durable du Groupe PPR, directeur général du pôle Sport et Mode de vie et président du conseil de PUMA). Nous souhaitons ainsi réunir un puissant groupe de dirigeants d’entreprises afin de promouvoir une meilleure façon de faire des affaires. Aidez-nous à atteindre ce but en partageant vos idées sur la manière dont ce groupe peut changer les choses. Pour cela, rendez-vous au bteam.org.
Non seulement les entreprises qui n’embrassent pas cette nouvelle approche ne réussiront pas, mais elles ne survivront pas non plus à l’ère de la transparence radicale. Chacun de nous peut aider à réinventer la façon de faire des affaires. Alors, qu’attendez-vous?