Soutenez

Le Myanmar sous la loupe de l’ONU

A Rohingya Muslim man, who crossed over from Myanmar into Bangladesh, tries to balance his son as he carries his belongings near Balukhali refugee camp, Bangladesh, Wednesday, Sept. 13, 2017. Recent violence in Myanmar has driven hundreds of thousands of Rohingya Muslims to seek refuge across the border in Bangladesh. But Rohingya have been fleeing persecution in Buddhist-majority Myanmar for decades, and many who have made it to safety in other countries still face a precarious existence. (AP Photo/Dar Yasin) Photo: Associated Press

Minorité. Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a décidé jeudi de former une équipe chargée de réunir des «preuves» sur les crimes les plus graves commis au Myanmar, notamment contre les Rohingyas.

«C’est la première fois» qu’un tel mécanisme est créé par le Conseil des droits de l’Homme», selon son porte-parole.

La résolution, proposée par l’Union européenne (UE) et l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a été adoptée par 35 voix sur les 47 États siégeant actuellement au Conseil, contre 3 non (Chine, Philippines et Burundi) et 7 abstentions.

La décision du Conseil, saluée par Amnistie Internationale et Human Rights Watch, doit être entérinée par l’Assemblée générale de l’ONU, comme c’est le cas pour toutes les décisions prises par le Conseil.

Ce vote fait suite à la publication d’un rapport, fin août, de la Mission d’établissement des faits de l’ONU sur le Myanmar dans lequel les enquêteurs demandent que les principaux généraux de ce pays, y compris le commandant en chef Min Aung Hlaing, soient traduits devant la justice internationale pour «génocide dans le nord de l’État de Rakhine, ainsi que pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans les États de Rakhine, de Kachin et de Shan».

Dans son rapport, la mission onusienne demande au Conseil de sécurité de faire appel à la Cour pénale internationale (CPI) ou d’établir un tribunal international ad hoc et appelle à des sanctions ciblées contre les auteurs de crimes et à un embargo sur les armes.

En 2017, plus de 700 000 musulmans rohingyas ont fui vers le Bangladesh après une offensive de l’armée birmane lancée en représailles à des attaques de postes-frontières par des rebelles rohingyas. Cette répression a été qualifiée par l’ONU de «nettoyage ethnique», une accusation rejetée par les
autorités birmanes.

Cette «tragédie mérite une réponse forte et exceptionnelle de la communauté internationale», a déclaré avant le vote l’ambassadeur pakistanais auprès de l’ONU, Farukh Amil, s’exprimant au nom de l’OCI.

«Des flambées de violence et des atrocités similaires risquent de se poursuivre et d’avoir des conséquences encore plus dévastatrices à l’échelle nationale et régionale», a dit l’ambassadrice autrichienne auprès de l’ONU, Elisabeth Tichy-Fisslberger, relevant que l’OCI et l’UE étaient parvenus «pour la première fois» à proposer une résolution conjointe.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.