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Maduro ferme la frontière avec le Brésil, Guaido en route vers l’ouest

Maduro ferme la frontière avec le Brésil, Guaido en route vers l’ouest
Photo: AP Photo/Rodrigo Abd

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a ordonné jeudi la fermeture de la frontière terrestre avec le Brésil et menacé de fermer celle avec la Colombie où se rend l’opposant Juan Guaido pour tenter de faire entrer l’aide humanitaire américaine.

«J’ai décidé qu’à partir de 20h (00h GMT) ce jeudi la frontière terrestre avec le Brésil restera totalement fermée jusqu’à nouvel ordre», a déclaré le chef de l’État lors d’une réunion avec le haut-commandement militaire.

Le dirigeant socialiste a également déclaré qu’il « évalue actuellement une fermeture totale de la frontière avec la Colombie» face à ce qu’il considère comme des «provocations» de la part du président colombien Ivan Duque, conjointement avec le président américain Donald Trump. 

«Je tiens M. Ivan Duque pour responsable de toute violence à la frontière», a ajouté M. Maduro, qui a également appelé l’armée colombienne à ne se prêter à aucune agression contre le Venezuela.

Plus tôt, l’opposant Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, a quitté Caracas pour se rendre avec des partisans à 900 km de là, dans l’État de Tachira (ouest), à la frontière avec la Colombie. «C’est confirmé, il est en route», a indiqué à l’AFP un collaborateur de l’opposant.

Des journalistes de l’AFP ont constaté qu’une dizaine de véhicules avaient quitté en fin de matinée Caracas, mais sans pouvoir dire si M. Guaido se trouvait précisément dans ce convoi. 

Une autre caravane composé de plusieurs autocars a également quitté la capitale avec à son bord des députés d’opposition. Elle a subi des tirs de gaz lacrymogène de la part de militaires qui avait placé des obstacles pour empêcher sa progression sur une route de l’État de Carabobo (nord), mais sans incidents graves.

Mercredi, Nicolas Maduro avait une nouvelle fois dénoncé un «show» politique et répété que Donald Trump projetait une intervention militaire pour le renverser. 

En riposte, le gouvernement, qui nie toute crise humanitaire dans le pays, a annoncé jeudi l’envoi d’environ 20 000 caisses de vivres à destination de la population de la ville colombienne de Cucuta, transportées par une dizaine de camions. C’est dans cette ville qu’est entreposée depuis le 7 février le gros de l’aide d’urgence envoyée par les États-Unis.

Par bateau 

Alors que des manifestations pro-Guaido et pro-Maduro sont également prévues samedi dans tout le pays, la journée s’annonce sous haute tension.

Le chef de file de l’opposition, qui a choisi pour l’entrée de l’aide la date symbolique du 23 février, un mois tout juste après s’être proclamé président par intérim du pays, a affirmé que l’aide entrerait «quoi qu’il arrive».

Sur l’île néerlandaise de Curaçao, un avion en provenance de Miami avec 50 tonnes de vivres et de médicaments est attendu à 15h30 locales (19h30 GMT), a assuré à l’AFP Carlos Faria, un partisan de M. Guaido. Il a indiqué que l’aide serait ensuite «chargée sur un bateau» à destination de l’État de Falcon (nord). 

Mais la façon dont Juan Guaido et ses partisans comptent concrètement rompre le blocus frontalier mis en place par le gouvernement reste la grande inconnue. 

Outre la fermeture de la frontière avec le Brésil, les vols et liaisons maritimes sont suspendus avec Curaçao et le pont de Tienditas, reliant Cucuta à Urena, dans l’État de Tachira, est toujours barré de conteneurs.

«Hand off» contre «Aid Live»

Comme un symbole du bras de fer qui se joue entre les deux hommes, deux concerts, l’un pour demander l’acheminement de l’aide, l’autre pour la refuser, auront lieu vendredi à quelque 300 mètres de distance, de part et d’autre du pont de Tienditas. 

«Venezuela Aid Live», le concert organisé par le milliardaire britannique Richard Branson pour récolter des dons, aura lieu vendredi à Cucuta, en présence des présidents colombien, chilien et paraguayen. 

Un porte-parole des organisateurs, Fernan Ocampo, espère 250 000 spectateurs, alors que 1 500 policiers et militaires seront déployés pour assurer la sécurité de l’événement. 

Parmi les stars internationales attendues : les Espagnols Alejandro Sanz et Miguel Bosé, le Dominicain Juan Luis Guerra, les Colombiens Carlos Vives et Juanes, le Portoricain Luis Fonsi, ainsi que plusieurs célébrités vénézuéliennes.

«Les artistes qui se produiront en Colombie doivent savoir qu’ils commettent un crime, ils donnent leur aval à une intervention militaire», a prévenu Nicolas Maduro.

L’affiche de «Hand off Venezuela» (Pas touche au Venezuela), le contre-concert organisé dès vendredi et pour trois jours par le gouvernement, n’est en revanche pas connue. 

Sur le front diplomatique, le vice-président américain Mike Pence se rendra lundi en Colombie pour exprimer le «soutien sans faille» des États-Unis à Juan Guaido.