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14:20 28 janvier 2020 | mise à jour le: 28 janvier 2020 à 14:34

Trump dévoile un plan de paix très favorable à Israël

Trump dévoile un plan de paix très favorable à Israël
Photo: Sarah Silbiger/Getty ImagesBenjamin Netanyahu était aux côtés de Donald Trump lors de l'annonce de son plan de paix.

Le président américain Donald Trump a dévoilé mardi son plan de paix pour le Proche-Orient fondé sur une solution à «deux États» dans lequel il accorde à Israël nombre de concessions qui devraient susciter de vives réactions dans le camp palestinien.

«Ma vision présente (…) une solution réaliste à deux États», a lancé M. Trump en donnant des garanties inédites à son «ami» Benjamin Netanyahu. Celui-ci a salué «une journée historique».

Affichant son optimisme sur le devenir de ce projet «très détaillé» de 80 pages, le locataire de la Maison Blanche a estimé qu’il pouvait permettre de faire «un grand pas vers la paix». Un plan de paix que le mouvement Hamas, premier à réagir dans le camp palestinien, a immédiatement rejeté.

Le futur État palestinien ne verrait le jour que sous plusieurs «conditions», dont «le rejet clair du terrorisme», a immédiatement souligné le milliardaire républicain, détaillant un projet qui avait été rejeté d’avance, avec force, par les Palestiniens.

Une carte redessinée

Jérusalem restera «la capitale indivisible d’Israël», a-t-il par ailleurs assuré, restant évasif sur les moyens de concilier cette promesse avec la proposition qu’il a reprise à son compte de créer une capitale de l’État palestinien dans l’est de Jérusalem.

Le Premier ministre israélien a, de son côté, souligné que le plan de la Maison Blanche octroierait à Israël la souveraineté sur la vallée du Jourdain, vaste zone stratégique de la Cisjordanie occupée où l’armée israélienne vient de renforcer sa présence.

Martelant sa conviction que les Palestiniens méritaient «une vie meilleure», M. Trump leur a aussi lancé une mise en garde. Il a annoncé avoir envoyé une lettre au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas l’exhortant à saisir «une chance historique», et peut-être «la dernière», d’obtenir un État indépendant.

«Je lui ai expliqué que le territoire prévu pour son nouvel État resterait ouvert et sans développement» de colonies israéliennes «pendant une période de quatre ans», a-t-il précisé.

La carte des États israélien et palestinien du plan de paix de Donald Trump, dévoilée mardi par la Maison Blanche, prévoit un tunnel reliant la Cisjordanie à la Bande de Gaza et une souveraineté d’Israël sur la vallée du Jourdain.

«Tous les musulmans aux intentions pacifiques seront bienvenus pour visiter et prier à la mosquée Al-Aqsa», troisième lieu saint de l’islam, précise la légende de la carte, qu’a tweetée M. Trump. Une quinzaine de colonies israéliennes figurent par ailleurs en Cisjordanie.

Son ami «Bibi»

L’ancien homme d’affaires de New York, qui se targue d’être un négociateur hors pair, avait confié au printemps 2017 à son gendre et conseiller Jared Kushner, novice en politique, l’épineuse tâche de concocter une proposition susceptible d’aboutir à «l’accord ultime» entre Israéliens et Palestiniens. L’objectif: réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué.

Mais la partie s’annonce très difficile.

Selon de hauts responsables palestiniens, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a refusé au cours des derniers mois les offres de dialogue du président américain et juge son plan «déjà mort».

Et le premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, a appelé par avance la communauté internationale à boycotter le projet, contraire selon lui au droit international. «Ce n’est pas un plan de paix pour le Moyen-Orient», a-t-il martelé, jugeant que l’initiative visait avant tout à protéger «Trump de la destitution» et «Netanyahu de la prison».

Signe que le calendrier est délicat, à un mois de nouvelles élections en Israël où Benjamin Netanyahu est aux prises avec une inculpation pour corruption, le locataire de la Maison Blanche a aussi reçu lundi son principal opposant, Benny Gantz.

Mais c’est avec «Bibi» qu’il a choisi d’apparaître devant les caméras, et le premier ministre israélien, qui se rendra dès mercredi à Moscou pour informer le président russe Vladimir Poutine des détails du plan, n’a pas dissimulé son enthousiasme.

«Monsieur le président, votre accord du siècle est la chance du siècle», a-t-il lancé depuis la Maison Blanche.

Des accords d’Oslo à une occupation permanente

Dimanche, Saëb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a indiqué à l’AFP qu’il se réservait le droit de se retirer des accords d’Oslo, qui encadrent leurs relations avec Israël.

Aux termes de l’accord intérimaire dit d’Oslo II de septembre 1995 entre l’OLP et Israël, la Cisjordanie avait été partagée en trois zones: A, sous contrôle civil et sécuritaire palestinien, B, sous contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien, et C, sous contrôle civil et sécuritaire israélien.

Or le plan de Donald Trump «va transformer l’occupation temporaire en occupation permanente», a dénoncé Saëb Erekat.

Israël, qui est prêt à négocier «pendant quatre ans» une solution à deux États avec les Palestiniens, pourra toutefois, de son côté, annexer sans délai à son territoire ses colonies en Cisjordanie, a déclaré mardi l’ambassadeur des États-Unis à Jérusalem.

«Israël ne doit pas attendre du tout», a répondu David Friedman à un journaliste lui demandant si l’annexion serait aussi soumise au délai de quatre ans, juste après la présentation du plan de paix de Donald Trump pour le conflit israélo-palestinien.

Washington va en effet reconnaître les colonies dans les territoires palestiniens occupés comme faisant partie d’Israël, s’est félicité mardi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Les réfugiés palestiniens n’auront pas non plus droit au retour en Israël. «En ce jour, vous avez affrété un futur brillant pour les Israéliens, les Palestiniens et la région en présentant un chemin réaliste vers une paix durable», a-t-il ajouté.

Selon la Maison Banche, le projet propose un État palestinien «démilitarisé».

Le projet américain avait aussi été rejeté par avance par le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants séparée géographiquement de la Cisjordanie, où se limite l’autorité de Mahmoud Abbas.

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a mis en garde contre une «nouvelle phase» de la lutte palestinienne contre l’occupation israélienne.

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