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09:24 11 mai 2020 | mise à jour le: 11 mai 2020 à 09:24 temps de lecture: 4 minutes

Déconfinement: retour à l’école progressif en Europe

Déconfinement: retour à l’école progressif en Europe
Photo: Gabriel Kuchta/Getty Images

Dans plusieurs pays en Europe, élèves et enseignants ont progressivement repris le chemin de l’école lundi, après plusieurs semaines de confinement dû à la crise sanitaire planétaire, à l’exception notamment des Italiens dont la rentrée n’interviendra pas avant septembre.

Si un certain nombre de petits Européens ont déjà repris les classes, comme au Danemark ou en Norvège, les enfants néerlandais, grecs, suisses, croates et serbes ont fait leur rentrée par alternance et tranches d’âge lundi.

En France, au premier jour du déconfinement, près de 86% des 50 500 écoles de France devaient rouvrir aux professeurs lundi pour leur pré-rentrée et mardi à «plus de 1,5 million d’enfants» de maternelle et élémentaire, a assuré le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, au Journal du Dimanche.

Mais face au casse-tête des règles sanitaires, de nombreux maires rechignent à rouvrir les écoles, de même pour les profs qui envisagent un droit de retrait, ainsi que pour beaucoup de parents qui craignent de remettre leurs enfants en contact potentiel avec le virus.

«Les craintes sont là mais l’envie de revenir à l’école, c’est ce qui prime, c’est ce que je vois sur les visages», a déclaré Maxime Brunant, directeur du collège du Foron, en Suisse, où les écoles primaires et collèges ont rouvert leurs portes sous une pluie automnale.

«Ça fait du bien», s’est aussi exclamée une mère de famille néerlandaise dont les trois enfants sont scolarisés à l’école primaire Willemspark à La Haye. «Les enfants avaient énormément envie de revenir à l’école, ils sautaient partout en voyant leurs copains, ils étaient tout contents».

Aux Pays-Bas, seuls les bambins de maternelle et élémentaire faisaient leur rentrée. «Heureusement, les enfants sont autorisés à se rapprocher les uns des autres, sans avoir à respecter cette règle de 1,5 m (de distanciation sociale). Ils apprécient vraiment ça. Ils peuvent se toucher et jouer à des jeux sans réfléchir», s’enthousiasme encore cette quadragénaire, professionnelle de santé.

«Je n’irai pas», a promis une Grecque de 17 ans, convoquée lundi comme toutes les Terminales de Grèce. «La plupart des élèves que je connais n’iront pas. Si nous reprenions, ce serait uniquement pour un mois, alors je préfère rester à la maison et travailler mes examens», a déclaré à l’AFP Anastasia Kyriazis, qui habite Nea Manolada, dans l’ouest du pays.

Mais au 9e lycée d’Athènes dans le quartier de Pétralona en plein coeur d’Athènes, de petits groupes d’adolescents, apparemment heureux de se retrouver après un mois de confinement, se dirigeaient directement vers leurs classes, estimant que «les cours aideraient pour les examens» de fin de scolarité prévus à la mi-juin, a constaté une photographe de l’AFP.

En Serbie, les crèches et maternelles rouvrent également lundi, mais uniquement pour les enfants dont les parents doivent aller travailler.

Environ 30% des enfants de l’école maternelle devaient revenir lundi, selon Olivera Zubic, directrice d’un établissement privé à Belgrade. A condition de présenter un certificat médical prouvant qu’ils sont en bonne santé et un justificatif de l’employeur attestant que les parents ne peuvent pas télétravailler.

«Nous avons effectué tous les préparatifs, les parents viendront à des horaires fixés d’avance. Un couple après l’autre. Ils seront accueillis par une infirmière qui mesurera leur température et celle de l’enfant», a encore déclaré à l’AFP Olivera Zubic.

En Croatie, aussi, la rentrée des écoles primaires est optionnelle et réservée aux parents qui doivent se rendre à leur travail.

«Le premier sondage montre que sur 301 élèves inscrits seuls 93 reviendront et nous pensons que ce chiffre va encore baisser», a estimé mardi Josip Petrovic, directeur de l’école primaire Trnsko de Zagreb.

Dans la capitale croate, où une vingtaine d’écoles n’ont pas rouvert depuis le séisme de mars, les enfants souffrant de maladies chroniques ne peuvent pas retourner sur les bancs de l’école.

Partout, les pupitres et les chaises ont été écartés d’1m50 à deux mètres et les gestes barrière ont été répétés aux élèves présents.

Les établissements scolaires ont été désinfectés et les classes sont limitées à un maximum d’une dizaine à une quinzaine d’élèves, pour respecter les règles de distanciation sociale.

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