Environnement

Comment les animaux adorables sauvent la planète

Photo: MWN
Elisabeth Braw - Metro World News

Nous avons tous un faible pour les petits animaux et sommes prêts à faire de grands efforts pour les sauver. Voilà une bonne nouvelle pour les autres espèces aussi, et pour la planète, parce que si ces animaux survivent, les écosystèmes survivront.

Les luxuriantes forêts de l’Indonésie abritent une faramineuse diversité d’animaux : 12 % des mammifères, 16 % des reptiles et 17 % des oiseaux du monde y vivent. Mais les industries forestière et minière ravagent ces paradis de la biodiversité. Heureusement, l’orang-outan est là pour protéger les arbres et les autres animaux.

Les animaux mignons peuvent en effet sauver le monde. «L’industrie forestière et l’exploitation minière représentent de graves menaces pour la forêt, et un grand nombre de personnes vivent de la forêt, explique Teguh Surya, un militant indonésien de Greenpeace qui défend les forêts. Mais il est plus stratégique de parler de la menace qui pèse sur l’orang-outan plutôt que sur la forêt en général. L’orang-outan est une espèce emblématique.»

Les animaux mignons jouent de plus en plus un rôle similaire en agissant à titre d’ambassadeurs de renom pour une bonne cause. Cette cause est, évidemment, la survie des espèces plus laides, de leurs écosystèmes et, de proche en proche, de la planète.

«Les gens aiment les gros animaux à fourrure avec des grands yeux, et non les insectes et les choses qui rampent sur le sol», note Dilys Roe, chercheuse principale du Natural Resources Group de l’International Institute for Environment and Development. «Le WWF utilise depuis longtemps le panda parce qu’il touche les gens et leur fait donc ouvrir plus facilement leur portefeuille. Les autres groupes voués à la conservation ont commencé à faire de même.»

Des espèces aimées du public se retrouvent ainsi maintenant en vedette dans de nombreuses campagnes de Greenpeace. «La surpêche et les prises accidentelles, notamment celles des requins et des tortues, sont deux des grands problèmes qui affectent les océans, explique le militant de Greenpeace Oliver Knowles, qui défend les océans. La surpêche a un effet terrible sur les populations de requins. Mais il ne fait aucun doute qu’être en mesure de parler des requins et des tortues nous aide à diffuser notre message.»

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En Ouganda et au Rwanda, d’importantes zones forestières ont été sauvées grâce à la célébrité dont jouissent les gorilles. Les spécialistes estiment que, sans eux, ces forêts auraient disparu. Au Brésil, le tamarin doré, un charmant petit singe, a aidé à freiner la déforestation – et a donc permis de sauver d’autres espèces de la forêt tropicale qui étaient menacées.

Récemment, des groupes environnementaux ont effectué des recherches afin de savoir quelles espèces plaisent aux populations locales – et c’est avec étonnement qu’ils ont découvert que ces animaux ont souvent une beauté, disons, irrégulière.

Le groupe Rare s’est ainsi mis à utiliser l’image d’une grenouille bicolore brun et blanc dans le cadre de ses efforts de conservation en Amérique latine, après avoir découvert que ce batracien plaisait aux Sud-Américains.

«Se servir d’animaux locaux emblématiques est un moyen efficace d’inciter les gens à participer à nos efforts de conservation», note Mme Roe. Évidemment, les gens qui vivent sur place en profitent quand des forêts et des océans sont sauvés. Tout comme le reste de la planète d’ailleurs.

Analyse : une approche porteuse

Peter Kareiva
Chercheur principal de Nature Conservancy

C’est souvent en écoutant leur cœur que les gens sont amenés à la conservation. Durant un certain temps, le terme-vedette a été «biodiversité», mais il a fait long feu. Sauver des animaux mignons, cependant, est une approche porteuse, en particulier auprès des enfants, qui ne cessent d’y penser.

Depuis quelque temps déjà, les agences de conservation de l’environnement utilisent des espèces mignonnes, dont l’ours polaire et l’orang-outan, pour obtenir des appuis, et cela s’avère très efficace.

Par ailleurs, comme ces espèces sont souvent de bonne taille et au sommet de la chaîne alimentaire, les sauver revient à sauver de vastes habitats et de nombreuses autres espèces.

Ainsi, dans les États de Washington et de l’Oregon, le pygargue à tête blanche était en voie d’extinction à cause des pesticides. Comme cet aigle est une espèce très emblématique, les gens se sont organisés et l’ont sauvé, ce qui a aussi eu pour effet la préservation de tout un écosystème et de plusieurs autres espèces. La même chose est arrivée dans cette région avec le saumon, une autre espèce emblématique. Les saumons ont besoin d’une eau qui est vraiment très propre.

Nous avons pris certaines mesures pour le protéger, et cela a également été bon pour l’écosystème.

Nous pourrions cependant en faire plus pour sauver la planète avec l’aide des ani­maux. Seules quelques espèces, comme l’ours polaire, sont iconiques partout dans le monde. Nous pourrions agir de façon locale en utilisant des espèces qui sont emblématiques dans les cultures locales. En Israël, par exemple, de nombreuses mesures de conservation concernent des animaux bibliques.

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