Nelson Mandela, le combattant pour la liberté devenu icône mondiale
La cellule de 5 mètre carrés, située sur Robben island en Afrique du Sud, où Nelson Mandela a passé 18 de ses 27 ans en prison, est devenu un sanctuaire spirituel pour les touristes autant que pour les figures politiques du monde. Mais Mandela était beaucoup plus qu’un prisonnier qui a longtemps souffert. Il était un exemple pour le monde et un emblème du XXe siècle.
«Il a réalisé un exploit en donnant un futur à l’Afrique du Sud», dit Stephen Chan, professeur de relations internationales à l’École des études orientales et africaines basée à Londres et auteur de nombreux livres sur l’Afrique du Sud. «Il a aidé à écrire ce qui est peut-être une des meilleures constitutions au monde. Il a joué un rôle crucial en mettant en place la commission sur la vérité et la réconciliation, qui a été essentiel pour que le pays guérisse des souffrances causées par l’apartheid. Il était aussi un homme politique hautement moral, donnant le ton pour le continent au complet en abandonnant le pouvoir après un mandat.»
Lilias van Wyk, une Sud-africaine de peau blanche qui a vécu l’apartheid, est pleine d’admiration pour Mandela. «Nous pensons tous que c’est un homme fantastique», a-t-elle confié à Métro. «C’est incroyable, tout ce qu’il a accompli sans aucune violence ni coups de feu. Et la dignité qu’il a!»
Mandela a réussi là où tant d’autres révolutionnaires devenus chefs d’État ont échoué : d’abord politicien démocrate avant de devenir président, l’ancien militant communiste a unifié son pays. Malgré la colère accumulée par la majorité noire durant des années de discrimination, la guerre civile n’a jamais éclaté. La transition vers la démocratie pendant les années où M. Mandela était au pouvoir s’est déroulée de manière remarquablement ordonnée. Dans le discours qu’il a prononçé le soir où il est devenu président, il invitait les Sud-africains à se pardonner. Il a dit en Afrikaans: «Wat is verby verby», ce qui est passé appartient au passé. Et à travers son inébranlable sens de la moralité, Nelson Mandela a ramené l’Afrique du Sud sur la scène internationale.
Il n’était cependant pas un ange non plus. «Il est devenu un saint parce que nous l’avons voulu», dit Chan. «Nous l’avons sanctifié pour nous déculpabiliser de ne pas avoir mis plus de pression pour que le gouvernement d’apartheid le libère. Les quatres années, qui se sont écoulées entre sa libération et l’élection de 1994 où il est devenu président, ont été turbulentes. Il a dû naviguer dans des eaux très troubles», nuance-t-il.
Même après sa démission, M. Mandela est demeuré un icône. Il est un des seuls dissidents politiques à avoir quitté le pouvoir en ayant maintenu son intégrité et sa popularité intactes. Il représentait un emblème de réussite dont l’Afrique du Sud, le continent et le monde avaient désespérément besoin.