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Sous le sable du Sahara, la route

Photo: Émilie Bergeron


Quitter la frémissante ville millénaire de Marrakech par la route de Ouarzazate, c’est entrer dans les dunes sublimes du Sahara marocain. Foulées par divers peuples nomades tels que les Berbères, ses terres arides, et en certains points flamboyantes, constituent un impitoyable no man’s land. Cette région est prisée par les touristes avides de ses paysages diversifiés. Arrêt sur images.


Bouton-vert_01Les routes contrastées
Sur la route qui sépare Kelaat-M’Gouna de la ville de Ouarzazate, au large du fleuve Dadès, se trouve un paysage des plus contrastés.

Sur des kilomètres de vallées arides s’étend une série d’oasis. Une douzaine de casbahs, anciennes cités fortifiées cohabitent. La plus grande et la plus connue d’entre elles, pour avoir servi de plateau de tournage à maintes reprises – notamment pour Les gladiateurs et Cléopâtre –, la Casbah Aït-Ben-Haddou.

Le ksar (village fortifié) du même nom, dont la construction remonte au XVIIIe siècle, jouait auparavant un rôle commercial important entre les villes impériales du Maroc et les régions limitrophes de l’ancien Soudan.

Bouton-vert_02Les routes de pierre
Non loin de la ville d’Errachidia, Ali tente de vendre ses trésors, sur le bord de la route, d’où la vue sur la vallée du Ziz et ses quelques 12 000 palmiers est imprenable.

Il dispose d’un peu de tout pour attirer ceux qui aimeraient posséder un morceau d’histoire. On retrouve surtout des roses des sables et des fossiles marins comme des ammonites et des trilobites. Il dit les avoir dénichés à 20 km d’ici. Si ce n’est pas facile à trouver, consent-il, il est plus difficile de savoir si le processus d’extraction est risqué.

À Arfoud, un marchand de fossiles assure que non. Dans son atelier, sont taillées des plaques de marbre recelant des fossiles, qu’on a extraits de grands blocs de pierre. On en fait des tables uniques vendues 6 000 $ et plus. Le pire qui puisse arriver, c’est de se faire berner par des marchands de faux fossiles qui vendent de simples moulages, ricane-t-il.

La vallée de l’Anti-Atlas, vieille de plus de 300 millions d’années, contient une tonne de ces fragments préhistoriques.

Bouton-vert_03Les routes de l’eau
«Ici, il y avait l’eau de la montagne et, à 45 km plus loin, les palmeraies. Alors, comment amener l’eau jusqu’aux palmeraies?» demande un nomade berbère, martelant le sol de son index, où il a dessiné un petit schéma pour mieux se faire comprendre.

Au XIe siècle, les Berbères, touaregs et alaouites, qui cohabitaient dans le désert, se sont posés la même question. Ils ont creusé une rangée de puits souterrains pour chaque dynastie. «Beaucoup de gens sont morts ici», poursuit le guide, un peu moqueur, en guidant la visite des souterrains.

Aujourd’hui, bien qu’avec la sécheresse, ces puits ne reçoivent plus d’eau, ils gisent en plein milieu de l’immensité désertique. Plusieurs Berbères nomades se réfugient dans le sillon souterrain des puits au plus fort de l’été, surtout en période de ramadan, pour se rafraîchir des quelque 50°C qui plombent à l’extérieur.

Maintenant, les villes de l’Atlas et anti-Atlas sont approvisionnées en eau par plusieurs barrages, dont un à Ouarzazate. Pour les petits villages reculés, qui ne sont pas desservis en eau potable, des sources d’eau naturelles sont mises à disposition de la population.

Bouton-vert_04Les routes commerciales
La ville de Moulay Ali Cherif (Rissani), au sud-ouest du Maroc désertique, est un point tournant de la vie commerciale. Trois fois par semaine, le petit village tranquille à première vue se transforme en véritable marché où l’on trouve des souks et des kiosques de produits typiques. «Là-bas, c’est le souk des dattes, là, le souk des épices médicinales berbères et là, c’est le stationnement pour les ânes des marchands venus d’ailleurs», indique Mohammed, 13 ans, qui se plait à guider les étrangers dans les petites ruelles étroites grouillantes de vie, parfois pour quelques dirhams en retour, mais surtout pour pratiquer son français. Du temps des caravaniers, le village était déjà une escale nécessaire. Il est aujourd’hui reconnu comme l’ancienne capitale du premier sultan alaouite, qui s’est emparé, au XVIIe siècle, du pouvoir jusqu’ici détenu au Maroc par les Saadiens.

Bouton-vert_05Les routes de transit
Sur la route qui mène à la ville d’Errachidia, à quelque deux heures de distance en voiture de la frontière algérienne, on rapporte à la radio que des clandestins tentant d’atteindre le Maroc par le Sahara ont été arrêtés. Par la même occasion, les autorités ont décidé de fermer des camps de fortune, décision fort critiquée par les ONG, qui estiment que de telles mesures ne font que «déplacer le problème» de l’immigration illégale. Selon l’ONU, près de 5 000 clandestins ouest-africains ont transité par le Sahara, au camp de fortune d’Agadez, à chaque mois entre mars et août 2013.

Les droits de l’Homme et des réfugiés sont des questions épineuses entre les pays voisins de la région du Sahel, et particulièrement entre le Maroc et l’Algérie. Quoi qu’il en soit, les dunes de Merzouga, situées au cœur du Sahara, avec leur sable fin de teinte orangée, sont, par définition, un des lieux les plus prisés pour apprécier le lever du soleil.

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