Quatre millénaires de Nouvel An chinois
Le Nouvel An chinois – qui débute ce jeudi à Montréal, et qui marque le début de l’année de la chèvre – est peut-être la fête la plus ancienne du monde: il remonterait aux célébrations du Nouvel An lunaire faites par des villageois il y a plus de 4000 ans.
Ce congé, que les Chinois appellent le Festival du printemps, est un temps de renouveau et de réjouissance. Les coutumes et traditions qui l’entourent – comme celles de lancer des pétards et de suspendre des banderoles rouges sur lesquelles sont écrits des textes poétiques – trouvent leur origine dans le folklore.
Selon la légende, le monstre Nian (dont le nom signifie «année» en mandarin) sort de sa tanière la veille du Nouvel An pour dévorer les récoltes, le bétail et les enfants. C’est pour se protéger de cette bête que des villageois commencèrent à suspendre des lanternes et des banderoles rouges et à faire du bruit en allumant des pétards et en tapant sur des gongs et des tambours.
Les célébrations, qui commencent à l’apparition de la seconde nouvelle lune après le solstice d’hiver, durent 15 jours et sont associées au lancement de la saison de la culture du riz. «Le Festival du printemps est basé sur le calendrier lunaire, rappelle Angela Chan, vice-présidente du Centre culturel chinois du Grand Toronto. C’est le début d’un nouveau cycle: on se débarrasse de l’ancien et on accueille le nouveau.»
Au Canada et dans les autres pays occidentaux, il s’agit d’une période très occupée pour les restaurateurs. Comme le Nouvel An chinois n’y est pas férié, bien des gens se rendent au restaurant plutôt que de préparer de grands festins à la maison.
En Chine, quelque 3,6 milliards de déplacements sont prévus cette année à l’occasion du Festival du printemps, faisant de l’événement la plus importante migration humaine du monde.
Coutumes et croyances
Qu’ils croient ou non aux superstitions du Nouvel An chinois, bien des gens continuent d’observer d’anciennes coutumes afin que la nouvelle année leur soit favorable.
- Le nettoyage est un aspect essentiel de la préparation au Festival du printemps. Cet acte permet en effet de se débarrasser de l’ancien pour accueillir le nouveau.
- Les dettes doivent être payées et aucun prêt ne doit être consenti au Nouvel An (ou alors on risque de prêter toute l’année). Toute allusion au passé doit également être évitée, de même que les mots qui portent malheur et les termes négatifs.
- Il faut aussi éviter de se servir de ciseaux: cela pourrait vous «couper» de la bonne fortune.