Écrasement de l’A320: «Ressemblance avec un épisode de dépressurisation»
Nicolas Coccolo, consultant en aviation et pilote de Marseille, en France, croit que la dépressurisation de la cabine a pu causer l’écrasement de l’Airbus 320 de Germanwings qui a vraisemblablement coûté la vie aux 150 passagers à bord, mardi, dans les Alpes de Haute-Provence.
L’appareil est passé d’une altitude de 12 000 m à 1 600 m en 8 minutes. Cela correspond-il à un appareil en chute libre?
Non, car l’appareil semblait en contrôle lors de sa procédure de descente. Ce qui est particulièrement frappant, c’est que les pilotes n’ont envoyé aucun signal de détresse aux contrôleurs aériens. Lorsqu’un avion fait une manœuvre de descente, les pilotes doivent sortir les masques à oxygène, amorcer la descente et avertir la tour de contrôle.
Qu’est-ce qui aurait pu entraîner cette «descente contrôlée»?
Nous pouvons supposer que la manœuvre a été provoquée par une dépressurisation de l’appareil, causée par une entrée d’air excessive à l’intérieur de l’avion. Cela force les pilotes à descendre à une altitude de 3 000 m à 4 000 m, là où l’air redevient respirable pour l’humain. C’est une procédure que tous les pilotes connaissent; ils reçoivent même un entraînement spécial une fois par année pour ce genre d’incident. Lorsque cette manœuvre est nécessaire, toutefois, l’avion doit normalement se poser à l’aéroport le plus proche.
Dans le cas de l’Airbus A320, qu’est-ce qui a pu causer la dépressurisation?
L’avion était vieux, nous pouvons donc conclure que la dépressurisation a pu être causée par une fissure dans un hublot, même si ce genre d’incident est très rare. Quelque chose aurait aussi pu faire un trou dans la carlingue.
Pourquoi les pilotes n’ont pas arrêté la descente?
Nous pouvons imaginer que la ventilation s’est brisée. Dans ce cas, malgré la présence des masques à oxygène, les passagers et l’équipage pourraient s’être évanouis par hypoxie. S’ils ont manqué d’oxygène à cette altitude, une minute a suffi pour qu’ils perdent conscience.