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5300G$ en «subventions» par année pour les énergies fossiles, affirment des chercheurs du FMI

Selon un nouveau rapport préparé par des chercheurs du Fonds monétaire international (FMI) et publié lundi, les «subventions» mondiales accordées aux énergies fossiles atteignent quelque 5300G$ par année.

Pour calculer le montant de ces subventions, les chercheurs ont établi le manque à gagner entre le prix payé par les consommateurs et les coûts associés à ces énergies. Selon eux, la facture des dommages créés par l’utilisation des énergies fossiles – pollution atmosphérique, problèmes de santé, accidents routiers, pollution locale, réchauffement climatiques etc. – est assumée par les gouvernements. Il en revient donc à subventionner la consommation d’énergies fossiles à même les deniers publics.

Les deux plus grandes sources de subvention sont la pollution atmosphérique locale (46%) et le réchauffement climatique (22,3%), précise le rapport. Le plus grand coupable est l’industrie du charbon, qui à elle seule s’accaparera près de 4% du PIB mondial en subventions d’ici 2015.

Selon les chercheurs, le montant de ces subventions atteindra 6,5% du Produit intérieur brut (PIB) planétaire en 2015, soit plus que le 6% consacré à la santé.

«Ces estimations sont choquantes […]. Le prix des énergies fossiles reste lamentablement bas comparé aux coûts qu’elles encourent.» –Vitor Gaspar, directeur du Département des finances publiques du FMI, en entrevue avec The Guardian

«Cette analyse très importante démolit le mythe que les énergies fossiles sont peu dispendieuses, en démontrant l’ampleur de leurs coûts réels, a déclaré au quotidien britannique The Guardian Nicholas Stern, économiste climatique au London School of Economics. Il n’y a aucune justification pour ces subventions énormes, qui endommage surtout les économies locales des pays les plus pauvres.»

L’élimination de ces subventions en forçant les consommateurs à payer le coût réel des énergies fossiles pourrait réduire les émissions mondiales de CO2 de plus de 20%, réduire de 50% les morts associées à la pollution atmosphérique et augmenter les revenus disponibles aux gouvernements mondiaux de 2900G$. Puisque les énergies fossiles deviendraient plus coûteuses et donc moins intéressantes, on n’aurait plus à subventionner les énergies renouvelables pour les rendre attrayantes, avancent les chercheurs.

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