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Tchernobyl: La vie reprend à l’ombre de la catastrophe

SLAVUTYCH, UKRAINE - APRIL 26: Candles and flowers left by people commemorating the 30th anniversary of the Chernobyl nuclear disaster lie at a memorial to 27 men and three women who died during or in the aftermath of the Chernobyl accident on April 26, 2016 in Slavutych, Ukraine. On April 26, 1986 workers at the Chernobyl nuclear power plant inadvertantly caused a meltdown in reactor number four, causing it to explode and send a toxic cocktail of radioactive fallout into the atmosphere in the wrold's worst civilian nuclear incident. The fallout spread in plumes across the globe, covering much of Europe and reaching as far as Japan. Today large swathes in Ukraine and Belarus remain too contaminated for human habitation and strong evidence points to ongoing adverse health impacts for people in the larger region. Slavutych is a new city built after the accident for the workers of the plant and their families and replaced the town of Pripyat, where the workers had lived previously but which was contaminated with high levels of fallout and had to be abandoned. (Photo by Sean Gallup/Getty Images) Photo: Getty Images

Au cours des 30 dernières années, des centaines de personnes sont retournées vivre dans la zone d’exclusion, grande comme le Luxembourg, qui entoure la centrale de Tchernobyl.

«Après l’évacuation, ils sont revenus en rampant sous les barbelés, a expliqué à Métro Galia Ackerman. Il s’agit en majorité d’aïeuls qui n’ont qu’une ou deux années d’éducation. La terre, le potager et la chaumière de ces gens constituent l’ensemble de leur univers. Le déracinement fut, pour eux, un drame inimaginable.»

Ces citoyens, vivant dans une des zones les plus contaminées du monde, ne sont généralement pas conscients du danger qu’ils courent. Pour eux, l’ennemi est inexistant, puisqu’il  est invisible : pourtant, la radiation les ronge, enfouie dans le sol où ils font pousser leur subsistance.

«Une des conséquences des radiations, c’est l’impuissance. Beaucoup de familles ont éclaté à cause de ça.» -Galia Ackerman, auteure de Traverser Tchernobyl

«Il faudra 24 000 ans avant que la concentration de plutonium diminue de moitié à Pripiat, et 240 000 ans avant qu’elle disparaisse complètement, rappelle Mme Ackerman. Quelque 10 000 ouvriers travaillent encore à contenir les conséquences de la catastrophe. Des pompiers s’assurent d’éteindre les feux de forêt, parce que chaque arbre qui brûle libère dans l’atmosphère les radiations qu’il contient; d’autres travaillent pour freiner la coupe de bois illégale ou pour s’assurer que la pluie n’amène pas la radioactivité dans les cours d’eau.»

Les centaines de milliers de liquidateurs qui ont nettoyé les dégâts nucléaires, eux, rongent encore leur frein.

«Après l’éclatement de l’Union soviétique, les compensations n’ont pas été indexées à l’énorme inflation qui s’est ensuivie. Les liquidateurs ont beaucoup d’amertume aujourd’hui, raconte Mme Ackerman. Ils se sentent abandonnés, et beaucoup d’entre eux boivent parce que, 30 ans plus tard, ils doivent encore se battre pour faire valeur leur droit.»

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